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HENRI

Un film de
Avec Simon André...

Petit film pour petites gens dotées de tous petits rêves

Henri, propriétaire d’un bistro avec sa femme, se retrouve désemparé après la mort subite de celle-ci. Sur les conseils de sa fille, il fait appel aux services d’une jeune handicapée mentale, Rosette, issue d’un foyer spécialisé surnommé « Les papillons blancs ». Une nouvelle vie commence alors pour ces deux êtres esseulés…

Découvert en clôture de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2013, le second film de réalisatrice de Yolande Moreau met en scène un patron de bar-restaurant du Nord de la France, qui se retrouve seul à la mort de sa femme. Partant du principe d'absence de contraste entre la vie quotidienne de l'homme (il fait la cuisine, tient le bar et joue aux cartes avec les habitués, tout cela sans passion) et sa gestion du deuil, on se doute que l'actrice/réalisatrice de "Quand la mer monte" souhaitait mettre en avant la tristesse inhérente de l'homme, tout en contant sa renaissance à la vie.

Pour cela elle choisit de mettre face à lui une jeune aide, handicapée mentale, qui malgré sa naïveté, pourrait bien finir par le toucher. Ce portrait misérabiliste et bien mince d’un homme sans rêve, silencieux et apathique, qui ne semble éprouver aucune joie, finit par franchement agacer. Pas facile de se prendre d’affection pour ce personnage totalement absent, qui certes doit faire son deuil, mais se complaît finalement dans ce qu’il a toujours connu : la routine.

Si la première partie du film pouvait encore convaincre, malgré des longueurs inutiles (l'interminable fête de l'école...), un certain malaise naît dans la seconde, alors que l'homme, déjà en fâcheuse posture vis à vis de la jeune femme, décide de fermer son bar et de l'emmener avec lui à la mer. Recherche d'emmerdes aussi inconsciente qu'improbable, échappée « pas » belle dans des lieux d'une effarante tristesse, on ne sait pas trop où Yolande Moreau cherche à emmener son personnage. Et même si elle tente sur la fin une certaine volte-face, il faut bien constater qu'il ne suffit pas d'accumuler des montagnes de misère et de fermer toute perspective d’évolution pour émouvoir. Ceci d'autant que les quelques touches d'humour ou évocations poétiques tombent souvent à plat (voir le plan de l'ours seul, lors de la fête d'Halloween).

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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