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THE GREATEST SHOWMAN

Un film de Michael Gracey

Spectaculaire mais artificiel

À la recherche d’un moyen de se faire de l’argent, P.T. Barnum décide de racheter un vieux théâtre et d’en faire un musée de curiosités propres à attirer le chaland. Après quelques déconvenues, le succès est au rendez-vous, mais ses détracteurs sont nombreux…

Pas facile de rentrer dans cette nouvelle comédie musicale "made in Hollywood" qui fait office de biopic de l'inventeur du cirque (Barnum). Si le parcours de l'homme est plutôt intéressant à découvrir, des difficultés initiales, à la folie des détracteurs focalisés sur la galerie de freaks mis en avant (géant, femme à barbe, homme tatoué sur tout le corps, nain...), en passant par les alliances nécessaires et les rêves de grandeur, les personnages secondaires sont peu nombreux à être exploités, laissant de ce côté-ci un goût de trop peu. De plus, le surjeu permanent – les mimiques extatiques signes de bonheur soudain - sont présentes en masse -, agace dès le début, les acteurs oubliant que devant la caméra tous ces excès sont nullement nécessaires, contrairement à sur les planches, où les spectateurs vous voit souvent de loin.

Si l'on passe sur le fait que Hugh Jackman ("Wolverine", "Le prestige") puisse avoir été nominé comme meilleur acteur aux Golden Globes, on pourra cependant admirer son don pour la danse. Il est cependant un peu éclipsé dans les scènes où est présent le décidément excellent Zac Efron (qui est ici dans son élément, après la saga des "High School Musical") quand il ne devient pas tout simplement trop visible... que ce sont les doublures prennent le relais (la scène sur le toit, avec Michelle Williams).

Cette scène, l'une des premières du film, est d'ailleurs symptomatique de l'ensemble du métrage : vouloir en faire trop, tout le temps. Pourtant fort acrobatique, avec quelques effets vertigineux, les danseurs s'approchant dangereusement du bord, elle constitue cependant l'un des morceaux de bravoure du film, avec celle du bar et une autre, entre amoureux, sur la piste de cirque. Fable sur les errances du succès et sur l'acceptation de la différence, "The Greatest Showman" est donc un divertissement pur sucre, visant à générer une comédie musicale qui durera des années à Broadway, dont les ficelles et enjeux sont bien évidents. Un « musical » surjoué mais doté de quelques scènes impressionnantes, et dont certaines chansons resteront en mémoire, comme le collectif "This is me", récemment (et logiquement) primé aux Golden Globes.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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