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LE GÉANT ÉGOÏSTE

Un film de Clio Barnard

Tout est dans le contexte

Deux gamins, Arbor Fenton et son ami Swifty, dérobent du câble à des voleurs chevronnés. Alors que Swifty se fait renvoyer de l'école, et commence à récupérer ce qu'il peut avec sa poussette, des divergences commencent à se faire jour entre les deux potes. Pris dans le collimateur de la police locale, l'un ne pense qu'à la course à cheval, alors que l'autre souhaite rembourser ses dettes...

Découvert à la Quinzaine des réalisateurs 2013, où il a reçu le Label Europa Cinéma, "Le Géant égoïste" est de ces petits films sociaux, tout droit venus de Grande Bretagne (ici d'Angleterre), dont le souvenir douloureux vous reste chevillé au corps pendant longtemps, à la fois du fait de la dureté du contexte décrit, et à cause de la profondeur de certains personnages. Les héros de cette sombre histoire sont cette fois-ci deux enfants, confrontés à la vacuité du système éducatif et social, à des parents dépassés (la mère d’Arbor, la famille gitane sédentaire de Swifty) ou montrant le mauvais exemple, et qui vont se retrouver confrontés brusquement à la réalité du monde des adultes.

Dépeignant un environnement social des plus sombres, fait de dettes et de violences, depuis la cour d'école jusque dans les quartiers, Clio Barnard réussit à nous faire vibrer d'inquiétude pour ces deux garçons. Visuellement, son film utilise à merveille la grisaille des lieux et leur caractère dégradé, laissant à peine entrevoir un espoir de vie, au cœur de la brume qui enveloppe par moment les paysages. Les scènes au pied des tours de refroidissement sont picturalement saisissantes et le final donne la chair de poule. Quant aux deux petits interprètes, ils sont simplement sidérant de détresse et de force retenues, face à ces adultes qui les exploitent bien plus qu'ils ne leur offrent d'opportunités.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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