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EXTRAORDINARY TALES

Un film de Raul Garcia

Graphiquement inégal, mais doté d'une certaine ambiance

Dans un cimetière, un corbeau dialogue avec une voix féminine. Celle-ci explique leur rapport intime et introduit ainsi 5 contes macabres...

Sortie directe en Vidéo / DVD / VOD le 08 décembre 2015

L'univers d'Edgar Allan Poe a donné naissance à bien des adaptations. Voici aujourd'hui que Raoul Garcia nous propose un recueil de 5 histoires extraordinaires, toutes représentées sous forme de films d'animation. En guise d'intermèdes entre chaque film, ce dernier nous propose un dialogue entre un corbeau représentant l'auteur (allusion au fameux corbeau de « Nevermore », « Jamais plus »), et la mort, personnifiée par des statues de femmes aux visages évoquant des pliages de papier. Expliquant ainsi la fascination pour la mort, il introduits les 5 histoires, aux univers graphiques très différents.

« La chute de la maison Usher », aux multiples fissures représentant l'état mental de l'hôte, offre ainsi de magnifiques paysages crépusculaires ou torturés. Réalisé en images de synthèses, ce conte de la culpabilité, aux décors et couleurs très travaillés, souffre cependant de personnages aux visages anguleux peu heureux. « Le cœur révélateur » s'avère un travail méticuleux sur le noir et blanc, les jeux d'ombres englobant les contours. Sombre histoire de meurtre, racontée par le biais d'un vieil enregistrement de Bela Lugosi, offre une double réflexion sur le même thème que le premier : la culpabilité.

« La vérité sur le cas de Mr Valdemar » est un segment aux allures de bande dessinée, dont le générique entre totalement dans ce genre, avec cases et bulles au fond jaune. Certainement le moins intéressant graphiquement, cette sombre histoire d'expérimentation autour de l'hypnose, contée par Julian Sands, propose sur fonds colorisés volontairement criards, un dessin traditionnel auquel se mêlent images de synthèse (pour les vêtements et l'apparence des plis), et des ombrages sous formes de hachures peu heureuses. On enchaîne avec « Le puits et le pendule », film suffocant en images de synthèses, au choix de visages réalistes assez discutable. Sur le principe des supplices successifs le récit tient du cauchemar, tandis que l'animation fait preuve d'originalité, avec notamment l'usage d'un split-screen pour le passage au tribunal d'inquisition.

Enfin, le recueil se clôt avec « Le masque de la mort rouge », film presque entièrement musical, à la réelle atmosphère. Inquiétant, il nous conte la promenade de la mort, entre un festin, une salle de jeu, un bal masqué et des bains orgiaques. Une histoire qui résonne comme un châtiment et qui bénéficie d'un traitement graphique assez magnifique, mêlant peinture et quelques aquarelles pour les paysages. Globalement, chacun des 5 segments de ces « Extraordinary tales » n'a malheureusement que peu de temps pour installer son ambiance, et le tout reste assez inégal en terme de qualité graphique. Il n'en reste pas moins un bel hommage à Edgar Allan Poe (1809 / 1849), qui aurait pu cependant se passer d'intermèdes au final peu utiles, sauf dans leur conclusion autour de la pierre tombale de l'auteur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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