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L'ÉTAGE DU DESSOUS

Un film de Radu Muntean

Récit en sourdine, intrigue en suspens

Sandu Patrascu est un chef d'entreprise sans histoire et toujours aimable. Depuis quelques temps, en rentrant chez lui, il entend fréquemment de violentes disputes chez sa voisine. Un jour, il apprend que celle-ci est retrouvée assassinée…

Dans "L'Étage du dessous", Radu Muntean explore le sentiment de culpabilité. Mais c'est moins celui du tueur que du témoin qui l'intéresse. On y suit, ainsi, Sandu, un père de famille gérant une société d'immatriculation, qui entend, par hasard, les disputes de sa voisine avec celui qui semble être son compagnon. Quelques jours après, elle est retrouvée assassinée. Questionné par la police, l'homme ne pipe mot mais il porte déjà de gros soupçons sur l'un de ses voisins, un jeune homme. Peu après cet événement, ce dernier demande à Sandu de s'occuper du changement d'immatriculation de sa voiture, en vue de la transformer en véhicule commercial. Il accepte à contre-cœur.

Un pitch pareil avait de quoi susciter l'intérêt. On espérait trouver là un polar distillant la tension entre un assassin et un témoin persuadé de sa culpabilité. Malheureusement, le film tarde à décoller. Radu Muntean installe tranquillement son personnage de Sandu Patrascu en nous faisant découvrir à peu près tout de son emploi du temps, de ses courses matinales et de ses rendez-vous avec notaires, garagistes et personnels administratifs. C'est ensuite autour de sa vie de famille de se faire disséquer. Un élément y devient d'ailleurs récurrent : son fils qui est visiblement accro aux jeux vidéo et aux derniers gadgets en vogue - un élément que Vali, le voisin suspecté, a bien intégré. Il commence donc souvent à s'inviter au domicile du vieil homme pour y réparer différents appareils électroniques. Ceci fait fulminer Sandu qui reste silencieux face aux affronts du jeune homme.

Au fil de ces scènes, la torpeur gagne malheureusement du terrain. Le réalisateur roumain a beau s'évertuer, dans le dernier tiers du film, à tenter de créer un semblant de tension en filigrane avec les confrontations entre Sandu et Vali, la mayonnaise ne prend jamais. D'autant plus qu'aucune certitude ne filtre sur la véracité des soupçons du père de famille envers le jeune homme technophile. A trop vouloir faire dans le minimalisme, Radu Muntean passe à côté d'un potentiel intéressant qui aurait pu faire de ce dernier long-métrage un polar distillant une belle tension.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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