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ECHO PARK L.A.

Quand la marge prend peu à peu le dessus

A la veille d'accomplir son rituel de passage de l'âge de 15 ans, une jeune fille se retrouve enceinte. Chassée par son père, Magdalena trouve refuge chez son grand oncle, qui vit avec son cousin Carlos, lui aussi exclus...

"Echo Park LA", primé à Sundance, est un film à part, qui empreinte en permanence des voies inattendues, créant régulièrement la surprise, sous des dessous de chronique sociale gentillette. En choisissant de poser dès le départ la situation de Carlos, le renégat de la famille, homosexuel honteux, rejeté par son père et dont la situation semble acceptée par tous, y compris les plus jeunes membres du clan, les scénaristes posent les jalons d'un drame à venir, comme les codes d'un milieu ultra conservateur pourtant soumis à nombre de pressions. Et c'est de cette contradiction que se nourrit le film.

Et celui-ci empreinte des chemins non convenus, dynamitant le cliché du couple homo bienveillant, ici manipulateur et sans âme, et faisant du latino tatoué un véritable agneau sous un aspect de baroudeur. La composition de Jessie Garcia, montagne de muscles balançant entre violence contenue et douceur revendiquée, est d'ailleurs impressionnante. Comme celle de la jeune Emilie Rios, figure de la vierge persécutée, dont la situation prête à sourire, mais trouble également par ses résonances mythiques.

Entre eux, le grand oncle est le média qui permet de retrouver le ciment et redonne l'envie de dialoguer. Avec une mise en scène dynamique, dans laquelle les accélérations n'ont rien de fortuit, les réalisateur provoquent l'émotion en confrontant leurs trois anti héros, à la recherche de leur place dans le monde, à une société en perte de valeurs d'entraide, comme à une famille dont le rôle protecteur est remplacé par une répression liée à des règles d'un autre âge. Alors n'hésitez pas à découvrir le quartier de "Echo Park" à Los Angeles, où comme ailleurs l'argent prend le dessus, et exclut peu à peu ceux qui ne rentrent pas dans la norme, quelle que soit leur bonne volonté.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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