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INTERVIEW

ECHO PARK L.A.

C’est dans une salle de conférence de l’hôtel la Reine Astrid que nous avons rencontré l’un des deux réalisateurs de ECHO PARK LA. Richard Glatzer était là seul, sans son compagnon et co-réalisateur Wash Westmoreland ayant appris juste avant son départ pour la France que leur film fig…

© Patrice RICOTTA

C’est dans une salle de conférence de l’hôtel la Reine Astrid que nous avons rencontré l’un des deux réalisateurs de ECHO PARK LA. Richard Glatzer était là seul, sans son compagnon et co-réalisateur Wash Westmoreland ayant appris juste avant son départ pour la France que leur film figurait parmi les 3 nominés pour un prix. Notez que Richard parle parfaitement le français, avec juste ce qu’il faut d’accent pour rendre un étranger émouvant.

Richard Glatzer, vous habitez vous-même avec Wash, à Echo Park depuis 2001, pourquoi avoir choisi ce quartier de Los Angeles ?

Richard et Wash ont d’abord emménagé dans le quartier de Melrose, un quartier à la fois luxueux et prestigieux. Echo Park est un quartier « plus gentil et plus relax » selon les termes du réalisateur. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils y habitent encore aujourd’hui et qu’ils n’envisagent pas, du moins pour l’instant, de le quitter. C’est Echo Park, ses voisins, leurs chiens, leurs coqs qui lui ont fait apprécier Los Angeles. Ce quartier est en pleine mutation depuis quelques années. Il devient coté et « bobo ». Ce changement a été l’une des raisons qui ont poussé Richard et Wash à faire ce film.

Pourquoi avoir choisi un cinéma social et poétique dans la tradition du Kitchen Sink Drama plutôt qu’un documentaire ?

Wash avait déjà réalisé un documentaire (Gay Republicans). Ils avaient donc déjà un peu exploré le genre. ECHO PARK L.A. est cependant tourné avec des techniques documentaires : certains personnages sont des locaux, des voisins avec lesquels ils ont tissé des liens, toutes les scènes sont tournées dans des décors réels (leur propre maison a servi de lieu de tournage !).

Comment ont réagi vos voisins par rapport au tournage justement ?

Très bien, vraiment. Les habitants de Los Angeles sont généralement plutôt réfractaires à ouvrir leurs portes aux réalisateurs qui abusent souvent de leur hospitalité. Les Latinos du quartier ne connaissent pas tout ça et ils étaient vraiment très excités à l’idée de tourner un film. Cela a d’ailleurs rapproché les gens.

Comment s’est passée votre rencontre avec le producteur Todd Haynes ?

Todd est un vieil ami de 15 ans. Il a toujours soutenu Richard et Wash dans leurs projets et lu leurs scenarii. Il a tout de suite aimé le script d’ECHO PARK L.A. et a même suggéré certaines scènes, tout en laissant les réalisateurs libres de leurs choix de tournage. Todd est très fier de ce film.

Votre film aborde le thème de la religion à plusieurs niveaux (un prêtre, des familles très croyantes, l’homosexualité, …), êtes-vous vous-même croyant ?

Richard nous répond qu’il est juif… enfin, il le croit. Il a, dit-il, beaucoup de problèmes avec la religion organisée. Il voit comment la religion peut être belle et aime les religions qui ne jugent pas.

Vous et Wash travaillez en couple sur des projets communs, comment se passe la collaboration ?

C’est un fait, Wash et Richard sont ensemble 24h/24. Ils sont en couple depuis 11 ans. Ils sont très organisés dans leur travail et chacun a des tâches bien définies. Wash dit même que « pour être 2 réalisateurs, il faut coucher ensemble ! ». Wash est ordonné, organisé, sérieux. David lui est plus « relax » comme il dit. Il donne son avis après coup. En règle générale, le travail se passe plutôt bien. En cas de conflit, ils évitent de se disputer devant toute l’équipe. Ils ont les mêmes idées dans l’ensemble et donnent les mêmes orientations à leurs projets.

Anthony REVOIR Envoyer un message au rédacteur

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