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DREI

Un film de
Avec

Bancal

Tom Tykwer, auteur allemand de l'original et rythmé « Cours Lola cours », du décevant « Le Parfum », et du trépidant « L'Enquête », s'attaque avec « Drei » (« trois » en français) pour la première fois à une comédie de mœurs. Il nous décrit les frasques des deux composantes -femme et homme- d'un couple, qui semble résoudre tous ses problèmes au lit mais arrive à un blocage. Pour cela, fidèle à sa mise en scène rythmée, il tente d'abord une introduction en split screen, ce qui permet de nous présenter le couple, ses discussions, ses engueulades au téléphone, ses rapports intimes. Il la terminera par une scène de danse sur fond blanc, montrant deux hommes et une femme, hautement représentative de ce qui attend ses personnages par la suite.

Résolument moderne, « Drei » apparaît cependant rapidement comme bancal, montrant les fantasmes de la femme lors d'une conférence, mettant maladroitement en parallèle ablation chirurgicale et adultère, ou accumulant les plans inutiles (l'opération, la giclée de sperme sur le ventre à la piscine, la chorale autour du ballon...). Ce parti-pris fait d’apartés intimes permet pourtant un certain humour, lorsqu'il s'agit par exemple de révéler comment chacun simule l'orgasme pour maintenir une façade (elle pousse des cris forcés, lui crache dans un préservatif), lors d'une mémorable scène au musée ou de la drôle et pathétique rencontre dans le couloir. Reste que l'on aurait presque aimé que le scénario sème un peu plus le doute concernant le troisième larron, homme blond au sourire angevin, qui aurait tout du prédateur sexuel. Un premier essai côté comédie, pas vraiment convaincant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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