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DANS LA BRUME-2

Un film de
Avec

Un film catastrophe français, c’est possible et c’est même jouissif !

Quelques semaines seulement après "La nuit a dévoré le monde", voici que Paris est à nouveau confronté à l’apocalypse, confirmant le renouveau d’un cinéma de genre hexagonal dont les projets ne cessent d’affluer. Partageant un même scénariste, Guillaume Lemans, un même goût pour le mystère autour des événements et le même ancrage géographique, à savoir un immeuble haussmannien de la capitale, "Dans la brume" s’éloigne du film de Dominique Rocher par sa volonté de se réapproprier l’imagerie du fantastique en épousant parfaitement ses codes traditionnels. Si le premier prenait la forme d’un drame confidentiel, métaphore d’une réflexion sur la solitude, l’œuvre de Daniel Roby s’attaque elle frontalement à l’essence même de ces récits survivalistes : des protagonistes engagés dans une course effrénée pour ne pas mourir.

Mathieu et Ana ont beau avoir divorcé, ils vivent toujours l’un en face de l’autre, ceci pour faciliter les soins à apporter à leur fille, souffrant d’un syndrome très rare l’obligeant à vivre recluse dans une bulle. Lorsqu’un tremblement de terre libère une brume mortelle dans les rues, Mathieu a le reflexe d’emmener son ancienne conjointe au dernier étage de leur immeuble afin de ne pas être touchés par l’épaisse fumée. Commence le début de leur périple pour quitter la ville tout en cherchant les moyens de maintenir leur enfant en sécurité. Ultra-rythmé, le métrage regorge d’images saisissantes, offrant à l’ensemble une esthétique séduisante et onirique. Au-delà de ces qualités plastiques, "Dans la brume" peut également s’appuyer sur de nombreux rebondissements pour dynamiser les péripéties des personnages.

Si le côté spectaculaire tient particulièrement en haleine, le film s’avère moins réussi dans les séquences plus intimes, la faute à des dialogues pas toujours très inspirés (criant dans les séquences avec la jeune Sarah). Avec un twist prévisible, "Dans la brume" aurait même tendance à laisser un arrière-goût de déception. Mais il s’agirait d’un constat bien amer pour un projet d’une ambition folle, aux multiples surprises, et formellement impressionnant. Ce "The Mist" à la française arpente les sentiers balisés en prenant des chemins détournés, façonnant au fil des minutes une identité propre, où le ressenti prime sur les explications. Conclusion : le trip est réellement jubilatoire !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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