Parce qu'on en a jamais assez !

CROSS THE LINE

Un film de David Victori

Un thriller sacrément nerveux

Dani est un jeune homme dévoué, qui s’applique dans son travail de voyagiste comme dans l’attention qu’il prodigue à son père malade et alité. Suite au décès soudain de ce dernier, sa sœur Laura le pousse à réaliser son rêve en lui achetant le billet d’avion « ouvert » qui lui permettra de faire un tour du monde. Un soir, alors qu’il vient de commander un premier vol, Dani fait la connaissance de Mila, une jeune femme vraisemblablement un peu paumée, qui lui demande de l’aider en lui payant son repas. À la fois attiré et inquiet, il va la suivre jusqu’à l’endroit où elle travaille le jour…

Cross the Line film movie acteur Mario Casas

"Cross the Line", film espagnol passé par le Festival de Sitges, est un thriller redoutable qui doit beaucoup à sa mise en scène, mais aussi à la présence magnétique de ses deux interprètes principaux : Mario Casas et Milena Smit. Le principe est simple : pousser un personnage en apparence quelconque dans ses retranchements, face à un danger qu'il pressent et à une violence qui pourrait jaillir à tout instant. Pour mettre le spectateur en condition, David Victori, dont c'est le second long métrage après "El pacto", suit son personnage dans un long plan-séquence, collant à son dos, lors d'une petite échappée vers le buraliste, ne révélant son visage que lorsqu'il revient dans l’appartement où il jouait aux échecs avec son père, pour mieux mettre en évidence sa réaction face au corps du vieil homme, inanimé. Une manière aussi de poser la personnalité du jeune homme, semblant passer à côté de tous les moments importants de sa vie, ceci avant de se laisser embarquer dans une folle nuit.

Certes le principe et la construction du récit, à l’efficace effet de tension en dents de scie, n'est pas nouveau. L'Allemand Sebastian Schipper usait déjà du même principe avec le palpitant "Victoria", en ajoutant même une notion de temps réel. Ici, point de chronomètre du même style, mais bien une mise en scène nerveuse, dans laquelle le mouvement de caméra comme sa netteté, s'adaptent à l'état d'agitation ou de nervosité d'un personnage craintif, pris en étau entre son désir et la tentation de s’en aller, et plongeant dans une succession de situations qui semblent pouvoir déraper à tout instant. Piégé par sa propre incapacité à réagir, le personnage de Mario Casas ("3 mètres au-dessus du ciel", "Mi gran noche") vacille face à la violence, devenant pure réaction instinctive, confirmant ainsi l'acteur comme l'un des futurs grands noms du cinéma espagnol. Face à lui, Milena Smit se pose en véritable révélation, aussi troublante que trouble. Entre enchaînement rythmé de situations périlleuses, caméra immersive au cœur de diverses altercations, et plans-séquences particulièrement maîtrisés, cette fuite en avant vous percute tel un wagon de montagnes russes, provoquant quelques belles poussées d'adrénalines.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire