Parce qu'on en a jamais assez !

CREEPY

Palpitant

Un couple s'installe dans une nouvelle maison. Le mari, blessé un an auparavant lors d'une prise d'otages par un assassin en série, est passé du métier d'enquêteur à celui de professeur en criminologie spécialisé dans les serial-killers. Alors qu'on lui demande conseil pour une nouvelle enquête sur des disparitions, seule à la maison, sa femme fait la connaissance de ses étranges voisins...

Le nouveau Kyosho Kurosawa fait certainement partie des meilleurs polars qu'il ait jamais mis en scène. D'abord parce que le rythme nonchalant de la mise en scène et les digressions humoristiques du début sur les enquêtes façon US, permettent une réelle montée en puissance du suspense. D'abord parce que derrière ce titre, qui signifie « zarbi », se cachent de nombreux personnages, une voisine craintive qui ne veut parler à personne, un voisin aux plaisanteries douteuses, mais aussi phobique et médisant, une jeune rescapée fuyante. Mais se cache aussi un sacré scénario aux rebondissements multiples et aux fausses pistes confondantes.

De retour avec "Creepy" à la veine qui a fait son succès initial, le film de genre, Kurosawa adapte ici un best-seller de l’auteur japonais Yutaka Maekawa. Il en fait un thriller horrifique qui distille progressivement doute et angoisse, exploitant à la fois les névroses du mari liées à une enquête non résolue, et à la solitude de la femme contrainte de rester au foyer. C'est d'ailleurs sur elle que va donc se concentrer l'essentiel de l'intrigue, devenant ainsi la source d’inquiétude du spectateur.

Pour ce subtil jeu d'influence présenté en séance spéciale au Festival de Berlin 2016, Kurosawa sort le grand jeu et crée l'angoisse par de lents travellings ou par de soudaines (et aériennes) prises de recul. Il exploite à la fois la mélancolie, la peur des regrets, osant des scènes qui auraient pu frôler le grand guignolesque. Au lieu de cela il soutient la tension grâce à de multiples rebondissements, réussissant à étonner le spectateur jusqu'à la dernière minute.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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