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CONTRE TON COEUR

La déstructuration de la famille

Un père qui débloque un peu, une mère qui rentre tard, une fille plaquée par son copain : une famille portugaise confrontée aux conséquences de la crise et devant survivre au mieux, au jour le jour…

Contre ton coeur film image

Teresa Villaverde, réalisatrice portugaise de "Les mutants" et "Transe", nous propose avec "Colo", d'assister à la lente dislocation d'une famille touchée de plein fouet par la crise. Entre une galerie de personnages aux comportements ou situations difficiles (un père aux angoisses envahissantes, une fille adepte de la scarification, une copine enceinte renonçant à le dire à ses parents, une mère aux différents jobs luttant pour joindre les deux bouts...), le scénario s'attache à créer le doute sur les actions de chacun, et à faire montrer les tensions liées à l'argent ou le manque de confiance.

À l'aide de plans marquants, la réalisatrice montre l'isolement (la jeune fille qui s'éloigne du sous-bois au début, semblant ne pas savoir où aller...) ou suggère la différence de sort entre la génération d'avant et celle aujourd'hui sacrifiée (l'usage du cadre dans le cadre, avec une vue sur la grand mère en train de jardiner dans un décors idyllique, contrastant avec l'intérieur austère…). La beauté et l’apparente douceur des moments en bord de mer vient contraster avec la réalité d’un quotidien tendu, d’où le dialogue est absent.

Progressivement, c’est l’éloignement d’êtres dont les préoccupations sont ailleurs, qui est mis en évidence. Le choix de nombreux plans filmés au travers de vitres semble venir confirmer cette sensation. Et même si quelques pistes d’entraide viennent ponctuer le récit, "Colo" n’en demeure pas moins une œuvre âpre, qui malgré quelques longueurs parvient à faire passer un bien noir message.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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