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CASTING

Une jolie introspection des jeux d’acteurs

Une réalisatrice, à six jours du début du tournage, cherche encore son actrice principale pour jouer Petra dans un remake du film de Fassbinder "Les larmes amères de Petra von Kant" (1972). Gerwin, acteur peu connu issu de séries policières, donne la réplique aux quatre actrices pressenties...

Le film allemand "Casting" revêt bien des aspects intéressants, livrant une réflexion à la fois sur le métier d'acteur, ce qui unit ou rassemble une équipe de film, et au-delà, l'injustice qui règne dans ce milieu. En faisant se succéder devant la caméra, pour la répétition de scènes toujours différentes, quatre femmes, donnant la réplique au même acteur présent uniquement (au départ) pour rendre les auditions plus vivantes, Nicolas Wackerbarth saisit tout l'égocentrisme et l'exhibitionnisme, et parfois même le masochisme, nécessaires pour faire ce métier.

Dans un style documentaire, la caméra parcoure le théâtre et saisit le mélange entre comédie et intimité, entre libertés et pressions des producteurs, passant de la scène aux loges avec une fluidité évidente. Mais c'est surtout grâce aux interprètes, tous formidables, que le film parvient à faire mouche. Les cinq femmes représentent avec humour le rapport de l'interprète au cinéma : un travail cérébral, un exercice psychanalytique, une carrière mise à mal avec l'âge, une volonté de rayonner. Mention spéciale à Andreas Lust, dont le personnage aux multiples facettes (Gerwin) est certainement le plus difficile, poussé dans certains retranchements par un rôle qui interroge le rapport à l'image et la résistance à l'humiliation, tout en réaffirmant le besoin inhérent de jouer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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