Parce qu'on en a jamais assez !

BIG MAMMA : DE PERE EN FILS

Un film de John Whitesell

Du lourd... et de l'hypocrite

Malcolm Turner toujours agent du FBI, doit faire face à son fils devenu adolescent. En effet, se dernier espère devenir rappeur, alors que son père souhaite l'envoyer à l'université. Manigançant pour forcer son père à signer un contrat avec une maison de disque, le fils suit son père en cachette, et assiste de manière fortuite au meurtre d'un indic. Recherchés par les malfrats auteurs du meurtres, ils vont fuir et partir à la recherche d'une clé USB qui permettrait d'incriminer les voyous. Mais comme celle-ci est sensée avoir été cachée par l'indic dans une école de filles, ils vont bien entendu se déguiser en une grand-mère et sa petite fille, pour mieux y prendre leur place...

« Big Mamma : de père en fils » est le troisième volet de la série à succès mettant en scène Martin Lawrence déguisé en femme corpulente. Comme tout cela n'est pas très sexy, robe à fleurs et bourrelets inclus, le distributeur français a jugé bon de créer une affiche qui n'a rien à voir avec celles des autres pays, plus franches quant à la marchandise. Celle-ci montre en effet la grand mêre en tenue sexy, sorte de jupe faite d'insignes de police, parmi les plus courtes. Bref, n'espérez pas trouver ce costume ou cette image dans le film, car aucun passage ne correspond.

Une fois ce mensonge marketing passé, il est facile de se laisser happer par l'histoire, certes improbable, mais aisément lisible, et possédant à la fois une mignonne petite histoire d'amour, une morale téléguidée et des méchants stéréotypés. L'intrigue n'est une nouvelle fois qu'un prétexte pour donner à voir les singeries de Martin Lawrence. Mais celui-ci se fait presque voler la vedette par celui qui interprète le fils, Brandon T. Jackson, certainement plus crédible en fille. Leurs costumes sont trop parfaits et intégraux, pour faire croire à la rapidité de leurs transformations, mais l'on s'amusera du principe à la Tootsie, qui fait toujours sourire, le fils dragueur se retrouvant perdu au milieu de jeunes filles (et même invité à une pyjama party !) et le père devenant la cible d'un gardien libidineux.

Ce coup de la drague donne lieu à des pitreries aussi navrantes qu'inutiles, comme le passage du jeu des couleurs (vous savez, quand on doit poser une partie de son corps sur un cercle d'une certaine couleur...), qui permet le contact physique. D'autres suivront, comme l'inévitable moment où le fils pisse debout dans les toilettes ou l'atelier de peinture, où la grand-mère posera nue, remplaçant le modèle prévu, juste pour éviter que son fils voit une femme dans son plus simple appareil. De cette vision restrictive et idiote de la relation parent-ado, le film est totalement imbibé, jusqu'au dénouement moralisateur. Mais le pire n'est pas là. Il réside finalement dans le discours très hypocrite du scénario quant aux gros, jouant le respect, l'intégration de la fille au physique ingrat, le dynamisme sexy de la grand-mère, tout en ne manquant pas une occasion de les mettre dans l'embarras et de se moquer de leurs bourrelets ou problèmes de motricité. On passe.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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