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BEASTIE BOYS

Un film de Yoon Jong-bin

Complexe et sinistre

Jae-hyun et son beau frère Seung-woo sont escort boys dans les quartiers aisés de Séoul. Le premier, infidèle et flambeur, est criblé de dettes et n’hésite pas à mentir à sa copine et à sa maîtresse pour leur soutirer de l’argent. Le deuxième ne désire qu’une chose : avoir suffisamment d’argent pour monter une affaire. Jaloux et violent, il supporte mal les anciennes fréquentations de son amie, ex escort girl reconvertie dans la mode…

Dans un Séoul chic et glacial, Yoon Jong-bin nous plonge dans un microcosme matérialiste où l’on vend sexe et alcool dans l’atmosphère enfumée d’un salon de marbre noir. Un design minimaliste qui illustre bien la froideur d’une jeunesse décomplexée qui ne connaît qu’une seule devise : l’hyper-consommation. Pour Jae-hyun et Seung-woo, être escort boy est le reflet de leurs âmes. Tout se vend, tout s’achète, seule la violence les ramène au genre humain.

A l’image de ses héros, “Beastie Boys” est un film sinistre et sans relief, où l’on est très vite perdu entre tous ces personnages qui, à défaut de se ressembler déjà physiquement (bimbos chics et bellâtres aux coupes structurées), répondent aux mêmes critères de comportement social. Et même si Yoon Jong-bin insiste sur les travers respectifs des deux principaux protagonistes - l’un est flambeur, l’autre est jaloux -, la base est la même !

A force de vouloir montrer la bestialité cynique de ces escort boys le réalisateur s’égare dans une narration complexe dépourvue de charme. Un film bien maussade malgré la prestation toujours excellente de l’acteur sud-coréen du moment, le génial Ha Jung-woo, consacré cette année par “‘The Chaser”.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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