Bagniere comedies_confinement-04

ARBITRAGE

Un film de Nicholas Jarecki

Crise de confiance

Robert Miller, magnat de la finance new-yorkaise tente de vendre son empire à une grande banque avant que l’on ne découvre l’ampleur de ses récentes fraudes. Mêlé de plus ou moins près à une affaire criminelle, il va tenter de sauver sa fortune et sa réputation...

En cette époque de crise et de défiance généralisée envers les financiers, un film tel qu'« Arbitrage » semblait tomber à pic. Présenté en ouverture du festival de San Sebastian 2012, son scénario centré sur un magnat de la finance ayant masqué un temps ses mauvais résultats, et contraint de vendre au plus vite son entreprise s'il ne veut pas être découvert, s'avère au final bien peu passionnant. Ceci principalement parce qu'il s'agit là d'un portrait à charge, rien ne venant nuancer les agissements de cet homme, prêt à tout sacrifier pour sa petite personne. On en vient du coup rapidement à le détester, dans quasiment toutes les facettes qui nous sont ici présentées, et le suspense construit autour de sa capacité à vendre sa société à temps, qui aurait du devenir secondaire, exaspère par ses aspects artificiels.

Autour d'un Richard Gere pourtant investi, on trouve entre autre Susan Sarandon, en femme bafouée mais dignement protectrice d'une famille au bord de l'implosion, un personnage qui aurait mérité bien plus de développements, et un enquêteur insupportable, interprété par un Tim Roth qui a cru bon d'en faire des tonnes, évoquant ainsi une sorte de Colombo nerveux et agaçant, bourré de tics. Le personnage principal n'est lui jamais là à temps pour ceux qui l'aiment, comme pour sa maîtresse française, jouée par une Laetitia Casta, honnête dans son interprétation de la jalousie et spontanéité d'une jeunesse que le personnage de Gere a laissé derrière lui depuis longtemps. Elle est la part de spontanéité dans sa vie de cinquantenaire friqué.

Prêt à risquer de sacrifier ses anciens amis comme ses proches, considérant sa femme comme un accessoire à jamais fidèle (une erreur potentielle) et surtout utilisant sa fille, dont il méprisera jusqu'au bout la confiance apparemment aveugle, ce Robert Miller n'aura à aucun moment du film la volonté ni la possibilité de changer de direction ou même de s'interroger sur ses agissements. Son personnage ne générant aucune empathie, le réalisateur puise cependant dans les rares scènes de confrontation avec sa fille, une émotion dans laquelle chacun ne pourra que rejoindre la jeune femme en ces temps difficiles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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