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APPRENTICE

Un film de Boo Junfeng

Un joli travail sur le son… et c’est tout !

Aiman travaille comme gardien dans une prison de haute sécurité. Il est vite affecté au service des condamnés à mort et se fait apprendre les ficelles du métier grâce à Rahim, bourreau en chef qui s’occupe des pendaisons. Mais le passé d’Aiman va vite ressurgir et envenimer cette relation…

Un film sur le métier de bourreau ? Idée intrigante, en tout cas riche de possibilités narratives : le rapport entre le professeur et l’apprenti, la confrontation directe au processus de mort, le lien humain avec les condamnés peu avant de rendre leur dernier souffle, etc. À vrai dire, seule la première possibilité est ici exploitée, tant le film de Boo Junfeng s’en tient à une trame narrative extrêmement plate, retranscrivant à la manière d’un documentaire le déroulement précis des actions d’un tel métier (administration, préparation, action). La seule idée du réalisateur – également scénariste – résidera ici dans la tension progressive entre le bourreau et l’apprenti lorsque ce dernier révèle au premier un secret – que l’on ne spoilera pas ici. Une idée qui rappelle à bien des égards "Le Fils" des frères Dardenne, mais qui n’évolue pas au même niveau d’excellence.

Le travail sur le son, assez redoutable, donne certes une vraie pulsation à certaines scènes, mais pas à l’ensemble du montage. Au bout du compte, Boo Junfeng reste trop à la surface des choses, trop attaché à prouver sa connaissance approfondie du sujet au détriment d’une trame symbolique qui viendrait transcender ce même sujet. "Apprentice" constitue une curiosité à cheval entre fiction et documentaire, rendue assez factice par une mise en scène trop lâche et une narration trop basique. Pour le seul film singapourien présenté en sélection officielle du 69e festival de Cannes (Un certain regard), on pouvait clairement attendre mieux.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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