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ANA ARABIA

Femme emblématique

Une jeune journaliste se rend dans un quartier arabe de Bat Yam, dans la banlieue sud de Tel-Aviv, pour interviewer le mari arabe d'une femme juive aujourd'hui disparue. Elle tente aussi d'approcher quelques uns de ses proches, tels sa fille, sa belle-fille, un voisin...

Voilà des années que Amos Gitai semblait un peu égaré, plus intéressé par des explorations formelles et documentaires que réellement politiques. Son dernier film d'ampleur datait de 2005, avec "Free Zone", qui avait alors valu à Hana Laszlo le prix d'interprétation au Festival de Cannes. Le voici qui revient sur le devant de la scène avec un film intimiste, proche du documentaire, décrivant à la fois le quotidien d'une communauté et en creux, le destin d'une femme aujourd'hui disparue.

Tourné en un unique plan-séquence, proposant une balade au cœur d'un quartier arabe de la banlieue de Tel Aviv, fait de maisons individuelles aujourd'hui enserrées au milieu des constructions modernes, "Ana Arabia" suit Yael, une jeune journaliste israélienne, au fil de sept rencontres avec des proches d'une survivante de l'Holocauste ayant épousé un palestinien. Avec une fluidité bienvenue et nécessaire à ce contexte difficile, le film dévoile progressivement l'intimité d'un couple mixte, qui aura vécu son amour malgré les pressions.

Fiction inspirée d'un personnage réel, "Ana Arabia" (qui signifie « Moi l'arabe ») parle d'Hanna, au travers des témoignages et bribes d'informations que révèlent son mari Yussuf, sa fille Miriam qui entretient son vieux potager, sa belle-fille Sarah, leur fils Walid et des voisins tels Hassan et Norman. Levant le voile sur une femme qui relève plus du symbole, le film parle de difficile réconciliation, de la situation désespérée des palestiniens et de la lutte pour rester sur place et résister à l'expansion de la ville. Au travers du portrait d'une absente, il aborde la place de la femme dans la société israélienne, mais aussi, comme l'utilisation du plan-séquence le suggère, d'une union obligée entre deux peuples qui devraient au moins pouvoir s'entendre, si ce n'est s'apprécier à nouveau.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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