Parce qu'on en a jamais assez !

AMOROSA SOLEDAD

Que c'est compliqué une femme...

Soledad vient de rompre avec un petit ami musicien. Elle décide alors de ne pas avoir de relation amoureuse pendant deux ou trois ans, histoire de ne plus souffrir. Mais dans un bar, elle fait la connaissance d'un architecte engageant...

« Amorosa Soledad » est un film argentin découvert l'an dernier au Festival de San Sebastian. Il met en scène un petit bout de femme (Inès Ifron, découverte dans « XXY » et vue récemment dans « El nino pez »), fragile à l'image de son regard, facilement embué. Ce personnage principal est à la fois attachant par sa maladresse dans ses contacts avec les autres et par son caractère hypocondriaque. Ce dernier la pousse à acheter un appareil de contrôle de la tension, et à se réjouir de l'hôpital ultra-moderne qu'il y a à deux pas de la nouvelle maison de son mec. Et le spectateur s'en amuse autant qu'il s'en inquiète, observant avec les metteurs en scène, le gouffre affectif dans lequel cette belle jeune femme évolue.

Heureusement, Soledad (« solitude » en espagnol) est entourée de gens bienveillants, du couple homo qui tient une boutique avec elle, à son père divorcé, en passant par un patient architecte qui voudrait bien l'avoir comme maîtresse. Et c'est ce contraste entre un monde qui l'entoure plutôt calme et serein, et les crises d'angoisses de la jeune fille qui réussit à émouvoir. Car ses improbables visites aux urgences ou ses inquiétudes sur les blocs opératoires de chirurgie esthétique, ne font que traduire l'incapacité de Soledad à être dans le monde.

Elle se réfugie dans des jeux irresponsables lorsqu'elle est baby-sitter (elle fait deviner les pathologie à la petite qu'elle garde !) ou dans la négation des problèmes qui l'entourent (voir les problèmes récurrents de toilettes bouchées qui deviennent une table basse improvisée...). Et Inès Ifron fait des merveille, portrayant autant la naïveté que l'envie de vivre, le tout avec un charme dévastateur et triste. Une grande actrice est indéniablement née.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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