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ALPHA DOG

L'escalade

Un jeune dealer s'est entouré de quelques potes de confiance, qu'il respecte ou méprise selon son bon vouloir ou selon la dette qu'ils ont envers lui. Mais un jour, l'un d'entre eux, junkie nazi notoire incapable de le rembourser, se rebelle et saccage son appartement. Le dealer décide alors d'enlever le frère de ce dernier...

'Alpha dog' est un film sur les bandes. Mais pas les bandes de gangsters des rues malfamées où l'on devient dealer par nécessité liée à la pauvreté ou au manque d'éducation. Non, 'Alpha dog' se passe dans les quartiers riches de Palm Spring, en banlieue de Los Angeles, là où l'on devient dealer par héritage de papa ou par simple désoeuvrement. Ici on se moque des blacks avec leurs grosses chaînes en or qui tournent des clips ringards et on fait la fête en permanence, sous influence. Et c'est là que le film dénote par rapport aux autres films de gangs. Hormis quelques scènes de violence initiales qui introduisent les différents personnages et leurs relations, on nous expose plutôt des scènes d'insouciance et de divertissement dans lesquelles est impliqué le gamin kidnappé.

Et l'horreur vient certainement de ce contraste là. Entre une fin que l'on sait dès le début désastreuse, puisque le réalisateur mêle au récit interviews façon reportage sur le drame et numérotation des futurs témoins; et une ambiance menant peu à peu le gosse à se laisser aller à découvrir les joies de la vie et la liberté des pseudo-adultes. Efficace, le film l'est au travers de son scénario. Mais il vaut surtout pour quelques numéros d'acteurs. Si Justin Timbelake ne démérite pas, c'est surtout le nazillon Ben Foster qui se fait remarqué, dans quelques mémorables scènes de colère (notamment de menaces au téléphone). Enfin saluons la performance de Sharon Stone en obèse déchirée par la douleur des années après le drame et dont la scène d'interview reste la plus belle scène du film.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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