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ALICE

Un film de Marco Martins

Espoir absurde mais persistant

Dans une ville portugaise, Mario passe son temps à changer les cassettes de caméscopes disposés dans divers appartements du quartier où a disparu sa fille de deux ans. Mais visionner toutes les cassettes est bien entendu, difficile…

A l’image de Keane, autre film traitant du même sujet et sortant en salles ce mois de décembre, Alice est un film dure et sans concession ni apitoiement. Le réalisateur nous décrit dans un premier temps les gestes machinaux de cet homme absent, effacé derrière le labeur qu’il s’impose, dans l’absurde espoir de retrouver sa fille. Car visionner toutes les cassettes dans le détail lui demanderais plusieurs vies. Du coup, il saisit, comme le spectateur, des bribes de vies, et fantasme parfois sur des détails qu’il a appris à repérer.

Dans un deuxième temps, le réalisateur prend un de ces détail, une mère au comportement douteux, et lance son homme à sa poursuite. Et celui-ci doit faire face à la différence de point de vue entre images et réalité, mais aussi à la vie extérieur, qui elle, ne s’est pas arrêtée pour rechercher sa fille. Mais c’est surtout la fin du film qui sème le trouble, traitant de la nécessité de lâcher prise, même si un espoir subsistera toujours. La déformation des souvenirs, et l’influence du temps qui passe sur ceux-ci, comme sur la réalité, alors que l’image se fige, sont l’objet d’un constat aussi cruel que salvateur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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