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AINBO, PRINCESSE D'AMAZONIE

Quand les bonnes intentions ne font pas tout

Ainbo, 13 ans, est une jeune fille d’une tribu d’Amazonie vivant à Candamo. Amie avec la fille du chef du village, Zumi, elle a failli manquer la passation de pouvoir entre cet homme malade et celle-ci, quand en chassant elle s’est retrouvée prise à son propre piège. Heureusement deux animaux lui sont venus en aide…

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Il y a à l’origine de "Ainbo, princesse d’Amazonie", la volonté de rendre hommage à des peuples indigènes menacés par l’avidité des chercheurs d’or. Mais les velléités d’embrasser nombre de légendes ou traditions, ainsi que d’autres sujets ou intrigues secondaires, finissent par rendre l’ensemble clairement indigeste. Le tout démarrait pourtant plutôt bien, prenant appui sur deux piliers : d’un côté l’amitié contrariée entre deux jeunes filles dont l’une se retrouve nouvellement garante d’une autorité, et de l’autre la croyance en une malédiction qui se traduit par une dégradation de l’environnement (des poissons morts flottent sur le lac du village...).

Malheureusement, si les figures symbolisant l’avidité des hommes blancs comme les dégâts faits sur l’environnement sont plutôt réussies, recentrant le récit sur les croyances d’un peuple et sa manière d’appréhender le monde, le scénario vient au final rajouter nombre d'éléments inutiles qui en perturbent la lecture, avec à la fois des rivalités internes à la tribu, des esprits-guides (animaux parlant à Ainbo et supposés la protéger), toute une mythologie très peu explicitée, et surtout une histoire d’amour qui semble ici totalement parachutée. Restent de beaux moments tels l’inhumation de la femme du chef (un départ en bateau rempli de fleurs), ou l’apparition de la tortue géante - la fameuse Motela Mama -, ou encore les scènes avec la boule de lumière...

Niveau animation, si les scènes d’actions sont honnêtement construites, les visages des personnages semblent se limiter à deux expressions (la joie avec un sourire, ou la grimace pour le reste...) et surtout les décors sont désespérément statiques, malgré leurs qualités picturales. Ajoutons à cela des personnages secondaires, comme les esprits guidés (un tapir et un tatou...) pas vraiment amusants, des résolutions de rivalités expédiées en moins de deux, et des questions environnementales évoquées par des paraboles peu lisibles pour les enfants, et on se dit qu’on a clairement manqué là une occasion de s’adresser aux petits sur une thème de protection de l'environnement, au profit d’aventures qui mettent à peine en valeur une culture.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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