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A HISTORY OF VIOLENCE

Un film de David Cronenberg

Un suspense habilement construit

Lorsque son petit coffee shop se fait braquer par deux voyous menaçants, Tim Spall (Viggo Mortensen) réagit brillamment, et élimine les importuns, devenant ainsi un héros local. Dans les jours qui suivent, un étrange groupe d’hommes en costumes noirs débarque en ville. Leur chef s’adresse à Tim, persuadé que son vrai nom est Joey…

Avec « A history of violence », Cronenberg, qu’on n’a avait pas croisé depuis Spider, signe un film, certes plus commercial qu’à l’habitude, mais non moins personnel. D’une mise en scène parfaitement maîtrisée, son film alterne moments de calmes et éclairs de violence contrôlée et calculée. Comme les mouvements de son noir héros, ses mouvements de caméra sont savamment mesurés, confinant à l’ensemble une élégance que la splendeur de la photographie renforce à chaque instant.

Tim est-il vraiment Joey, là est l’une des questions, en posant au passage une foule d’autres. De l’implication d’un éventuel mensonge crucial dans la vie d’un couple et d’une famille, à la notion même de confiance et de la qualité des bases d’une relation, Cronenberg sème le doute, confirmant l’ignorance de chacun sur le passé d’un conjoint dont on n’a pas été impliqué dans le passé. Car, au fond, peut-on connaître vraiment l’autre ? Peut-on surtout pardonner un passé lointain et moralement condamnable, sur lequel l’être aimé aurait fait un trait au nom d’un choix de vie nouveau, en lequel il aurait placé ses valeurs. Ne douterait-on pas aussi de la sincérité de ce valeurs.

Celle qui s’interroge, c’est l’une des actrices montantes d’Hollywood, Maria Bello (la série télé Urgence, The cooler au cinéma), révoltée et suspicieuse. Celui dont on se demande sur la normalité des improbables combats, simples réflexes instinctifs ou entraînement de longue haleine, c’est Viggo Mortensen (le roi Aragorn dans la trilogie du Seigneur des anneaux) qui passe du calme au trouble avec une aisance remarquable. Son amour pour cette femme, concrétisé lors d’une des plus belles scène de sexe vue depuis fort longtemps, est le cœur de cette vie qu’il a choisi. Son regard clair, cachant de potentielles ténèbres est l’une des pièces maîtresse de ce suspense bien entretenu, sur une vie antérieure qu’il aurait subie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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