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INTERVIEW

A HISTORY OF VIOLENCE

Parmi toutes les villes que visiteront David Cronenberg et Viggo Mortensen pour la sortie de ‘A history of violence’, Lyon a l’honneur d’accueillir les défenseurs d’un film dont on regrette l’absence sur les marches du podium cannois. Rencontre dans la simplicité et la bonne humeur, da…

© Loll Willems

Parmi toutes les villes que visiteront David Cronenberg et Viggo Mortensen pour la sortie de ‘A history of violence’, Lyon a l’honneur d’accueillir les défenseurs d’un film dont on regrette l’absence sur les marches du podium cannois. Rencontre dans la simplicité et la bonne humeur, dans un français tout à fait correct, mais surtout dans le but de faire comprendre le propos du film : la violence.

La comparaison entre ‘Dead Zone’ et ‘A history of violence’ est assez facile. David Cronenberg explique que le seul point commun serait que les 2 grands thèmes abordés sont assez proches de la réalité, moins subjectifs et d’un apparent classicisme. Et c’est cet amalgame qu’il est venu lever. Il joue ici avec le film noir et le western. Même Viggo Mortensen, son acteur principal, avait tout d’abord eu un a priori sur ce film quand il a lu le scénario, le tout lui semblant assez superficiel.

Le sujet de ce film est la violence. La violence fait partie de chaque individu. Ce n’est pas une maladie, mais une composante d’un corps en pleine santé, équilibre, sain. Le fait de l’utiliser ou même d’en être l’otage n’est qu’une question de choix. C’et exactement ce qu’a fait Tom Stall, héros de ce film. On pense voir une ambiguïté dans le personnage de Joey Cusak - Tom Stall. Ange ou démon ? On se demande si le personnage de Viggo est une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde… Joey et Tom sont les mêmes, une personne qui a su faire un choix.

L’être humain est capable de raisonner et peut rejeter la violence et ainsi trouver son propre chemin, mais ne doit pas occulter le potentiel de violence qu’il possède, qui est présent en chacun d’entre nous ; l’utiliser est une question de choix. Loin d’être une étude sur la violence, ce film nous donne à voir la violence comme faisant partie de notre société ; elle est inéluctable.

Cronenberg : un existentialiste humaniste ? On peut le dire. Il croit sincèrement en une vision du monde claire, sans en avoir peur ; un monde qu’il faut affronter. Le titre du film est évoqué : « a history » et non « story » of violence ? Ce titre peut avoir 3 niveaux de lecture : premièrement, aux États-Unis ‘a history of violence’ est une expression consacrée qui reflète le passé d’un criminel. Ensuite on peut voir l’histoire comme celle d’un pays, souvent lourde et souvent d’une grande violence à travers les ages. Enfin on parle de l’histoire des hommes en tant qu’animaux, l’histoire de l’homme. Ce titre tout entier est une provocation, et explique le fait qu’il ne supporte pas de traduction selon les pays dans lesquels il sera visionné.

Le couple Mortensen - Cronenberg est très touchant. Tout au long de l’entretien, on peut sentir une relation très fraternelle entre les 2 hommes, qui se consultent quant aux réponses qu’ils nous donnent. Ils croient en leur film, et le défendent tous deux à merveille.

Pour finir, quant à une éventuelle adaptation de ‘London fields’ de Martin Amis ? David Cronenberg répond qu’il se peut que le projet se fasse, il a déjà travaillé sur le scénario, mais le financement sera assez difficile à trouver, et ne peut émaner que d’une production indépendante.

Veronique Lopes Envoyer un message au rédacteur

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