Parce qu'on en a jamais assez !

À 5 HEURES DE PARIS

Un film de Leonid Prudovsky

Une douce rencontre

Un chauffeur de taxi divorcé fait la connaissance de la professeur de musique de son fils, ce dernier séchant les cours de chorale, qu’il trouve insupportables. Vivant avec son ex-femme et son nouveau mari, il tombe rapidement sous le charme de cette femme, dont le mari est au Canada pour préparer leur déménagement…

"A 5 heures de Paris" est le fameux film israélien qui a eu le malheur d'être distribué à peine quelques semaines après l'épisode de la flottille à destination de Gaza, lui valant d'être déprogrammé par quelques exploitants de salles. Il est assez regrettable que cette comédie douce-amer qui pour une fois n'aborde nullement le conflit israélo-palestinien, ait fait les frais de ces évènements malheureux et de la polémique qui s'en est suivi. Car le film n'aborde l'immigration, ou plutôt l'émigration que sous l'angle du déchirement, non pas vis à vis d'une terre particulière, mais d'une personne chère, rencontre au grès des hasards de la vie.

Portrait d'un homme au regard empli de tristesse mêlée d'une lueur d'espoir désespéré, "A cinq heures de Paris" est aussi l'histoire d'un homme soumis au désir des autres, n'osant se rebeller contre une situation qu'il n'a pas voulu et un avenir que les autres traces pour lui. De cette rencontre avec une femme réservée mais encline au romantisme qui manque désormais dans son couple, il va tirer le courage de changer de direction, celui de regarder à nouveau devant. Tentant en même temps de surmonter sa phobie de l'avion, ceci pour pouvoir accompagner son fils à Paris, ce touchant personnage, aussi chétif que renfermé finit par gagner le coeur du spectateur, jusqu'au dénouement, d'une tristesse résignée ou d'un espoir affirmé, tout dépendra de votre humeur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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