Parce qu'on en a jamais assez !

2H37

Esbrouffe formelle et manipulation du spectateur

Un adolescent est retrouvé mort dans son lycée. Son sang s'écoule depuis derrière une porte. Mais de qui s'agit-il...

Difficile de juger "2h37". Car d'un côté son sujet - le malaise adolescent et la cruauté des contacts humains - est des plus poignants et la démonstration sacrément efficace. Mais aussi car de l'autre ce film arrive quelques années après "Elephant" de Gus Van Sant, dont il pompe allègrement les principes narratifs comme les ralentis. Et surtout car une fois l'identité de la "victime" dévoilée, on éprouve une sensation désagréable, dû principalement au fait que tout a été fait pour nous empêcher de le deviner, et cela dans le but de nous culpabiliser. Eprouver quelque chose face à un film est l'un des buts du spectateur de cinéma, mais être jugé de manière anticipée l'est certainement moins.

Du coup on est certes captivé par la brillante construction en flash-back, avec superpositions temporelles permettant de montrer la même scène de différents points de vue, mais on est un peu agacé par les quelques ralentis et le catalogue des prototypes d'ados américains que l'on nous sert une nouvelle fois. Reste que le film s'avère sans concession, touchant, voire bouleversant pour certains, à en croire les réactions de certains spectateurs cannois qui se sont littéralement évanouis dans les dernières minutes. Un film formellement efficace mais trop moralisateur pour être honnête.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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