Parce qu'on en a jamais assez !

2 DAYS IN PARIS

Un film de Julie Delpy

Une délicieuse confrontation culturelle

Sur le chemin du retour entre Venise et New York, un couple franco-américain marque un arrêt de deux jours à Paris. L'occasion de rencontrer parents et amis de la petite française...

Julie Delpy retourne derrière la caméra pour une comédie à la Woody Allen. Elle en interprète avec une légéreté assumée le rôle principal, celui d'une photographe ayant des problèmes de vue, en couple depuis deux ans avec un américain. Entre discussions intimes, réflexions sur la vie et la société, on apprend rapidement à connaître et à aimer le tandem que Delpy forme avec Adam Goldberg, comme la floppée de seconds rôles, tous attachants malgré leurs irritants caractères et manies. Et on apprécie les traits de spontanéité donnés aux personnages, qui peuvent exploser (la rencontre de Julie Delpy avec un ex dans un café, ou la discussion avec un chauffeur de taxi raciste) ou devenir paranoïaques (le vernissage duquel s'enfuit Adam Goldberg, concentré sur des gestes de proximité qu'il trouve déplacés).

Filmé tantôt comme un reportage intimiste, tantôt comme un caléidoscope de moments passés et analysés sur le vif, '2 jours à Paris' épingle les travers des français (la moquerie face aux étrangers ne parlant pas la langue, le racisme et les à priori ambiants, l'habitude de toujours blâmer les autres, l'obsession de la cuisine...), comme ceux des américains (la paranoïa permanente sur l'hygiène, les rapports à la nourriture...), le tout dans un délicieux langage à la fois raffiné et romantique qui rappelle 'Before sunset' pour lequel Delpy a été nommée à l'Oscar du meilleur scénario. On se régale de l'ironie ambiante, des dialogues cousus mains, et des malentendus bien sentis, qui sèment le trouble autour des nombreux ex-petits amis croisés, ou d'hallucinants parents qui mangent du lapin et parlent de sexe. La conclusion, en forme de déconvenue sur le couple, teintée d'un espoir de longévité, est à la hauteur du reste: brillante. On en redemande.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire