Parce qu'on en a jamais assez !

INTERVIEW

PROMISED LAND

De l’origine du projet

Avant même de commencer l’écriture de « Promised land », Matt Damon et John Krazinski parlaient de faire un film sur l’identité américaine, et sur comment nous prenons nos décisions aujourd’hui, pour le futur. Le sujet du gaz de schiste était parfait comme …

© Mars Distribution

De l’origine du projet

Avant même de commencer l’écriture de "Promised land", Matt Damon et John Krazinski parlaient de faire un film sur l'identité américaine, et sur comment nous prenons nos décisions aujourd’hui, pour le futur. Le sujet du gaz de schiste était parfait comme vecteur. Il permettait de regarder une ville qui est confrontée à ce moment de choix, et d’explorer ce qui se passe dans les têtes et dans une communauté.

John Krazinski connaît bien cela, puisque « son père vient d'une petite ville ». Avoir le « sens de la communauté, c’est être ensemble dans les moments difficiles », avec l’espoir d'un jour meilleur. Il y a une sorte de fierté naturelle dans la notion même.

Un casting entre amis

Neuf mois avant même que Gus Van Sant ne vienne sur le projet, Frances Mc Dormand avait lu le scénario et avait bien réagi. Une fois qu’ils « avaient les amis dans la poche », les scénaristes, avec le réalisateur, ont auditionné Rosemary Dewitt. Elle a passé une matinée avec Gus Van Sant et John Krazinski. Ils ont joué la scène du bar. Et elle s’est avérée phénoménale.

La question des risques liés au gaz de schistes

Si la question écologique était importante, il faut bien avouer qu’elle était plutôt secondaire et que les scénaristes avaient la structure classique du récit, basée sur d'autres films sur des héros locaux. Le vrai sujet à enjeux est venu après. Pour préparer ces rôles, ils ont donc fait beaucoup de recherches sur le fractionnement, ont parlé à des « landmen » (démarcheurs faisant l’acquisition de terrains...) comme le personnage de Matt Damon, et ont incorporé au scénario tout ce qui était utile dans ce qu’on leur racontait.

Dans l’ouest de la Pennsylvanie, là où ils ont tourné, tout cela est très réel pour les gens du cru. Ils sont dans cette situation, mais sont très divisés sur la question. Certains sont venus sur le tournage pour dire qu'il ne fallait pas dire du bien du fractionnement hydraulique, et d'autres pour ne pas en dire du mal.

Une polémique aux USA ?

L’équipe avoue que le film a été très critiqué par la presse américaine et certains politiques, ceci à cause du sujet, et avant même de l'avoir vu. Puis, comme "Promised land" n’a pas beaucoup marché aux États-Unis, ils ont lâché l’affaire. Mais si c’était à refaire Matt Damon et John Krazinski affirment haut et fort qu’ils n’en changeraient pas une ligne.

Vers un besoin d’éthique...

Si la question de l’éthique dans le business est aussi posée dans le film, il était important de l’aborder ne serait-ce que pour voir ce que cela dit sur notre monde. Les auteurs voulaient explorer cette dimension, en composant différents personnages aux points de vue différents. Il y a ainsi un personnage qui parle pour la génération d’avant, une autre (qui a été coupée) qui pense au futur et disait « On n’est pas les derniers ». Ils voulaient que les points de vue soient divers et que tous les personnages soient appropriables.

D’après Gus Van Sant, Steve Butler, le personnage qu’interprète Matt Damon, est « avant tout un vendeur ». Et « il croit plus en la vente qu’en ce qu’il vend ». C’est une sorte d'anti-héros, qui vend quelque chose qui n’est pas si sûr. C’était une combinaison parfaite de héros et de non-héros participant à un certain équilibre nécessaire au sein du film.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT