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INTERVIEW

NOVO

Jean-pierre Limosin fut discret dans son arrivée et aussi dans ses propos. La faute à une vilaine extinction de voix. Mais il a répondu avec entrain aux journalistes présents, expliquant et détaillant tous ses choix.

Après une petite rétrospective des années ayant séparées son dernier f…

© Patrice Riccota

Jean-pierre Limosin fut discret dans son arrivée et aussi dans ses propos. La faute à une vilaine extinction de voix. Mais il a répondu avec entrain aux journalistes présents, expliquant et détaillant tous ses choix.

Après une petite rétrospective des années ayant séparées son dernier film " Tokyo Eyes " de Novo, avec notamment LA REVUE, une émission sur l'art contemporain sur ARTE, dont il fut le rédacteur en chef avec Christian Lacroix ; il commença de parler de son nouveau film et de son scénario dont l'idée lui est venue progressivement avec " une première approche très ancrée dans le suspens ".

Il s'est alors adressé à Christophe Honoré, écrivain pour enfant dont les cotés " très impertinent, très au cœur de l'enfance " lui on plu. Ce ton a prédominé dans la réécriture du scénario, et notamment dans la scène sur la plage entre le père et son fils qui de nos jours peut mettre mal à l'aise, mais il a voulu " une écriture de récit à la fois très sentimental, très cru, sans aucune censure psychologique ".

Grâce à cette collaboration les scènes amoureuses furent mises " au cœur du récit " , ne gênant pas le rythme puisque même dans la nouvelle d'origine " la fragmentation du temps et du récit étaient déjà très présentes " " mais ce film est avant tout un détournement, de genres, d'attention " et " l'image détournée principale restant la situation de l'homme " il est à la fois homme objet et homme déchu, retrouvant une fragilité presque infantile.

D'ou le choix de l'acteur Edouardo Norièga, " qui est un acteur gracieux, gracile dans lequel, à la fois, il y a beaucoup d'enfance, il a une présence forte presque animale ". Jean-pierre Limosin avait besoin d'un personnage décalé avec une fragilité de langage. A la base Edouardo ne parlant pas le français, il a appris quasiment en phonétique tous ses dialogues grâce à Eric Caravaca qui les lui avait enregistré sur magnétophone. Ce qui est amusant, c'est que le choix des personnages s'est fait quasiment que par la voix. D'ailleurs d'après le réalisateur " on est souvent déçu par se que donne la voix par rapport à se que donne le corps ".

L'autre point sur lequel insista Jean-Pierre Limosin fut le coté érotique donné au film. Toutes les situations amoureuses furent écrite " sans provocation, de manière très franche ". Le réalisateur voulant filmer le désir en voulant garder que le coté très gai, très burlesque de la chose, tout en utilisant un canevas original c'est à dire celui du détournement de la figure classique du harcèlement sexuel. En fin de compte le film, tout en assurant un mélange des genres cinématographiques, se veut une plongée dans la tête et l'esprit de Graham en attirant le spectateur vers une idée finale : on est tous des Graham en puissance.

Guillaume Bannier Envoyer un message au rédacteur

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