Parce qu'on en a jamais assez !

INTERVIEW

MENSCH

Steve Suissa, Nicolas Cazalé, Anthony Delon et Sara Martins

Réalisateur, acteurs, actrice

Journaliste:
D’où vient le mot Mensch ?

Steve Suissa:
Cela vient de l’allemand. Ce terme désigne quelqu’un d’humain, de bien. L’expression est restée, je l’ai entendue de mon grand-père. Il y a une idée de transmission, de réussite de sa vie, d’être quelqu’un de bien…

© ARP Sélection

Journaliste:
D'où vient le mot Mensch ?

Steve Suissa:
Cela vient de l'allemand. Ce terme désigne quelqu'un d'humain, de bien. L'expression est restée, je l'ai entendue de mon grand-père. Il y a une idée de transmission, de réussite de sa vie, d'être quelqu'un de bien...

Nicolas Cazalé:
En regardant mon père, on peut dire qu'il y avait quelque chose de l'attitude d'un mensch...

Anthony Delon:
On disait que Claude Berri était un mensch...

Sara Martins:
C'est vrai, il habitait le même quartier que moi... j'ai déjà entendu ce mot à son sujet...

Journaliste:
Y-a-t-il du coup une part d'autobiographie dans ce scénario ?

Steve Suissa:
Il y a une vraie métaphore d'un milieu, sur les immigrés des années 50, dont certains sont devenus commerçants, d'autres des caïds... entre les deux, nous les jeunes, on se posait des question. Et il pouvait y avoir l'amour de l'adrénaline...

Journaliste:
Ce sont là des acteurs pour lesquels vous avez écrit spécifiquement ?

Steve Suissa:
Je connaissais déjà Sara. Anthony, j'avais envie de travailler avec lui depuis longtemps. Nicolas avait fait un téléfilm avec moi, je l'avais choisi sur photo... Quant au petit garçon, il avait joué dans "Versailles".

Journaliste:
Justement, le travail avec l'enfant a-t-il été aussi naturel qu'il paraît à l'écran?

Nicolas Cazalé:
C'est un petit garçon très attachant. Il n'est pas encore cassé par le métier. Il a une vraie spontanéité, le rapport père-fils s'est établi de suite...

Steve Suissa:
On a fait un long casting pour lui, et auditionné entre 40 et 50 gamins...

Nicolas Cazalé:
Le petit était très à l'aise avec moi. Il ne se prend pas au sérieux, essaye de faire de son mieux, s'abandonne au réalisateur. J'essaye aussi...

Journaliste:
Samy Frey a très peu de dialogues...

Steve Suissa:
Oui, il y a beaucoup de non-dits dans ces milieux, et donc peu de dialogues en effet. On ne se dit jamais "je t'aime", mais au final tout le monde est là pour lui...

Journaliste:
Dans ce genre de film de clans, la scène du repas est un incontournable ?

Steve Suissa:
C'est plutôt une idée de partage. Et puis, j'ai besoin de manger (rires)... Je peux tout sauter dans la vie... sauf un repas.

Anthony Delon:
Mmmm, très visuel (rires). Tu sais que Mr Seguni disait la même chose...

Journaliste:
Quels sont les "mensch" pour vous ?

Steve Suissa:
Mon grand-père. C'est à cause d'une histoire d'accouchement devant "au nom de la loi" avec Steve Mc Queen, qu'il m'a appelé Steve...

Anthony Delon:
C'aurait pu être pire... tu aurais pu t'appeler Sim... Sim Suissa (rires)

Nicolas Cazalé:
Mon père...

Anthony Delon:
Lino Ventura. Je ne l'ai jamais croisé, mais au regard de son parcours...

Sara Martins:
Il y a 10 ans, j'aurais dit Gandhi. Mais j'ai déplacé ma vision de l'héroïsme. Je dirais donc ma grand-mère... qui est arrivée avec quatre enfants dans un pays dont elle ne connaissait pas la langue...

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT