Parce qu'on en a jamais assez !

YELLA

Un film sensoriel

Après avoir trouvé un travail ailleurs, une jeune femme décide de changer de vie, de s'éloigner de son ex-petit ami violent. Mais l'entreprise qui devait l'employer est mise en dépôt de bilan. Coincée dans l'hôtel où elle séjourne, elle fait la connaissance d'un mystérieux homme d'affaire...

De ce pitch de départ, le réalisateur allemand fait un thriller inquiétant. La première partie du film instaure la situation de départ et les tensions entre l'héroïne (Yella) et son ex, jusqu'à atteindre son paroxisme lorsque l'amoureux éconduit la précipite dans un lac avec sa voiture. Rescapée, elle commence alors la nouvelle vie, prévue puis imprévisible, le film semblant partir dans une toute autre direction. Jouant à la fois avec l'omniprésence de cet ex petit ami menaçant qui reviendra tourmenter l'héroïne jusque dans son hôtel, et avec le caractère distant et mystérieux du sournois homme d'affaire qui l'emploie, le réalisateur captive.

La mise en scène, assez brillante, nous plonge dans une ambiance à la limite du suréalisme, où les comportements des personnages, les étranges combines alliées aux amusantes disertations sur la manière de faire douter les gens avec lesquels on négocie, font que l'on sent rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. Mais en bon agneau, on veut croire à la bonne étoile de cette femme qui a déjà traversé tellement d'épreuves. Puis le doute s'installe.

Usant savamment de filtres de couleurs et d'effets sonores pas toujours faciles à placer, nous donnant une idée de l'état d'esprit de la jeune femme au travers des bruits qu'elle preçoit, qu'il s'agisse d'écoulements d'eau qui lui donnent des migraines au ou de cris de corbeau comme celui qui survolait son corps lorsqu'elle est sortie de la rivière. Insensiblement, rêve, réalité, fantasmes, désirs, tout se mélange peu à peu. Et le twist final, s'il n'a plus grand chose d'original, clos un film cohérent servi par deux interprètes convaincants, dont Nina Hoss qui a reçu le prix d'interprétation au festival de Berlin 2007.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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