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WOLFMAN

Un film de Joe Johnston

POUR: Niveau +2 – Gare au loup !

Revenu sur les terres familiales après la mort de son frère, le comédien Lawrence Talbot va se retrouvé confronté à une bête sanguinaire arpentant la campagne. Avec l’aide de son père, distant et sous la suspicion d’un inspecteur de Scotland Yard, et des villageois terrifiés, Lawrence va devoir affronter ce redoutable monstre...

Alors que les monstres des grands classiques d’ « Universal Monsters » ont connu une vague période de réadaptation il y a presque 20 ans (Le « Dracula » de Coppola remonte à 1992 et le « Frankenstein » de Branagh à 1994), il était étonnant de voir arriver sur grand écran les autres membres de la bande (La momie/ le loup-garou et le monstre des marais) avec autant de retard. « La momie » fut adaptée avec l’approche complètement ratée qu’on lui connait dans les films de Stephen Sommers, « Le Monstre du marais » aussi peu intéressant que difficile à adapter devrait revoir la surface d’ici quelques années, et c’est avec une certaine crainte que nous pouvions attendre la sortie mainte fois repoussée de « The Wolfman » autre icône mythique du cinéma horrifique dont Lon Chaney Jr était le Hérault (à défaut du héros).

En ressituant l’histoire de Lawrence Talbot dans son contexte historique, Joe Johnston évite déjà les nombreuses comparaisons avec les autres films de loup-garou modernes, que ce soit « Underworld », « Wolf » ou encore le « Le Loup-garou de Londres ». Ici, deux choses sont importantes : le combat que va mener un homme contre lui-même en évitant les représailles de villageois rancuniers (en même temps, on les comprend bien les pauvres) et essayer de vivre une histoire d’amour malgré sa différence certaine avec le genre humain (thème que l’on retrouve avec beaucoup des personnages de cette lignée que ce soit Dracula, l’homme invisible, le fantôme de l’opéra…). Le film est à ce niveau digne de ses prédécesseurs et affiche dès la 1ère scène son appartenance à ce cinéma de genre bien défini : Le film de monstre !

Mais un film ne doit pas s’apprécier uniquement pour son appartenance à un passé, un contexte ou un background historique ou filmique et doit satisfaire autant le cinéphile passionné que le spectateur ayant envie de passer un bon moment. C’est là que l’on va retrouver les grandes qualités du métrage, mais également certains défauts assez frappants. L’interprétation d'Anthony Hopkins est satisfaisante tout comme celle de Del Toro (bien que l’on ait du mal à l’imaginer comme un « lord » anglais de la fin du 19ème) mais la présence d’Emily Blunt est dérangeante à chaque apparition : avec un jeu beaucoup trop « moderne » pour un film d’époque, elle semble à côté de la plaque dans chacune de ses scènes (Kate Winslet aurait été parfaite dans ce rôle).

Certains choix scénaristiques sont assez douteux : Le célèbre inspecteur Abberline (ayant enquêté sur l’affaire de Jacques l’éventreur) n’est ici que pour satisfaire le geek présent dans la salle, et son traitement est à la limite du sacrilège, enfin le personnage de Sir John (Hopkins) semble imposé par un cahier des charges hollywoodien. La force du film réside cependant dans les images sans concessions que va nous livrer Johnston : le « loup » décapite, éventre, démembre…et tout cela plein champs ! Quel plaisir de voir enfin un film de monstre qui ne tourne pas la caméra dès que l’ « attraction principale » est à l’œuvre. Les effets spéciaux de Rick Baker sont magnifiques et le choix d’utiliser l’animatronic plutôt que le numérique à outrance, donne véritablement vie à la bête… et c’est bien pour elle que nous sommes là !

« Wolfman » ne révolutionnera pas le genre, certes, mais il en est un héritier digne doublé d’une belle preuve que certains réalisateurs peuvent encore faire un vrai « cinéma de genre », en phase avec les attentes du public.

François ReyEnvoyer un message au rédacteur

Voici donc en salles le remake d'un classique de 1941, revenant sur les origines de la légende des loups-garous. Le film n'est finalement pas allé à Gérardmer et l'on comprend finalement pourquoi après l'avoir visionné. Car le film nous plonge certes au origines d'une légende ancestrale, comme avaient souhaité le faire Branagh avec « Frankenstein » (1994) ou Coppola avec « Dracula » (1992), mais ceci aujourd'hui sans autre grande originalité qu'une photographie, il est vrai, particulièrement travaillée.

Car le film de Joe Johnston (« Jumanji », « Ciel d'octobre », « Jurrasic Park 3 ») ne développe guère de suspense, le spectateur voyant arriver le fameux « secret » de famille à des kilomètres. De plus, le jeu de Benicio Del Toro, quasiment absent, sauf lors des scènes d'actions, laisse franchement à désirer. Quant à la présence et l'attitude d'Anthony Hopkins, elle est bien trop douteuse pour être honnête. Bref, le spectateur se désintéresse vite des déboires amoureux des personnages, pour uniquement prendre un certain plaisir aux transformations de la bête, plutôt réussies.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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