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WINX CLUB : LE SECRET DU ROYAUME PERDU

Un film de Iginio Straffi

Dessin simpliste et personnages inutilement bavards

Alors que Bloom, Flora, Stella, Layla, Musa et Tecna terminent leurs études de fées, un danger important guette l'école de magie. Bloom, fée de la flamme du Dragon cherche à en savoir plus sur ses vrais parents, disparus lors du combat entre les puissants magiciens guerriers de la Dimension magique contre le Mal absolu. Des indices la pousse à croire qu'ils sont encore vivants, et qu'elle pourra, avec l'aide de ses amies du Winx Club, retrouver et sauver le Royaume perdu...

Que celui qui y comprend quelque chose lève le doigt ! Il est certain que les petites filles de moins de 10 ans seront bien plus au fait que moi de toute la mythologie développée dans la série animée italienne dont est tiré cet insipide dessin animé. Il faut dire que les ingrédients rappellent bon nombre d'autres productions à succès : une école de fées (Harry n'est pas si loin...), un groupe de filles ayant chacune un pouvoir différent, en lien avec la nature, l'eau, la lumière, la technologie (Sailor Moon, Pokemon, Chevaliers du zodiac et Avatar, le Dernier Maître de l'Air où vous cachez-vous ?), un portail à la « Stargate », une pouponnière qui ressemblerait presque étrangement au village des Schtroumpfs...

Non content de manger à tous les râteliers, « Winx Club » s'affuble d'un scénario compliqué et nous propose une alternance de combats et de bavardages. Nous voici donc avec un combat interminable et ridicule face à une sorcière et ses insectes géants venus de trous noirs (la Dimension du mal), les professeurs prenant tout de même leur temps pour donner des leçons de combats aux élèves, certains monstres attendant même gentiment qu'il ait fini. À cela s'ajoutent d'étranges apparitions d'esprits, bien opportunes, qui viennent aider la belle et sa troupe, à avancer. Et lorsque l'on ne sait plus dans quelle direction aller ou quand on ne sait pas comment assurer une transition, voici que surgit une chanson pop commentant qu'il faut croire à la magie qui existe en soi, avec un montage permettant d'accélérer ou de décrire la déprime de l’héroïne, en aboutissant sur la scène suivante. Je passerai sur les détails qui tuent, comme la sorcière ultra-puissante qui occupe quasiment 30 minutes du métrage et dont on se débarrasse d'un simple coup de poing... Tout cela laisse pantois.

Ceux qui espéreront trouver du réconfort du côté des personnages ou du graphisme en seront pour leurs frais. La psychologie féminine se résume ici à des discussions sans fin, descriptions inutiles qui meublent d'interminables scènes où il ne se passe rien, quand on ne nous explique pas ce qui se passe à l'image. Enfin, l'extase récurrente et puérile des personnages irrite carrément (ah, la jolie « photo » de mariage...), tandis que les personnages secondaires sensés êtres drôles (le petit lapin bleu et ses grimaces...) ne font pas rire une seconde. Côté animation, on a droit à un travail minimal au niveau des décors, les visages des personnages apparaissent lisses et sans expressions, possédant de grands yeux façon animation japonaise (surtout pour les bébés fées...) et le rendu des chevelures est aussi souple qu'une mise en plis ou un brushing des années 80 ! Le coup de grâce est donné avec les tenues modes de ces Barbie ailées, avec jupes ultra-courtes, façon dessous chics, corsets, lingeries intimes ou nuisettes, au choix... le tout agrémenté de bijoux divers. Finalement, pour faire une série à succès, une bonne dose de mauvais goût agit également sur les enfants.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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