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VOIE RAPIDE

Un film de Christophe Sahr

Culpabilité

Un fan de tuning automobile aime passer son temps avec son meilleur ami garagiste. Malgré son amour pour sa famille, il a bien du mal à s'occuper de sa petite fille âgée de deux ans. Un soir, roulant à fond de ballon sur la voie rapide, il renverse un piéton à la sortie d'un tunnel... et prend la fuite. Il raconte alors à son pote qu'il a écrasé une biche...

Malgré quelques plans efficaces, filmés à raz de carrosserie, qui retranscrivent bien le sentiment de vitesse, « Voie rapide » de Christophe Sahr ne réussit pas à rendre passionnant ce monde du tuning. S'il réussit à décrire ce microcosme, fait de bolides auxquels on prête plus d'attention qu'aux humains, de désir inconditionnel de vitesse et d'affrontements aussi stériles, machos, que dangereux, l'auteur ne parvient pas pour autant à créer une réelle empathie pour son personnage, sorte de James Dean des temps modernes qui aurait oublié ce qu'est la « fureur de vivre ».

Cette voie rapide, qui donne son titre au film, est celle que le personnage principal emprunte avec son véhicule, mais aussi celle qu'il a lui-même emprunter dans sa vie de jeune adulte, en ayant eu un enfant très jeune. Dans ce rôle, Johan Libéreau fait ce qu'il peut pour rendre son personnage crédible, enfermé dans sa culpabilité grandissante et dans une incapacité à communiquer ses sentiments. Face à lui, Christa Théret est des plus convaincantes, en jeune mère délaissée, qui tente d'être la seule adulte du foyer. Mais celle qui nous déchire le cœur, c'est Isabelle Candelier, en mère du défunt, juste de bout en bout, à qui il suffit un regard pour vous arracher une larme.

Au final, « Voie rapide » est un film dont les thématiques rappellent forcément celles du « Fils » des frères Dardenne et de « Red Road » d'Andrea Arnold, l'homme éprouvant le besoin de rentrer en contact avec la mère de sa victime. Décrivant un quotidien difficile, il ne parvient cependant pas à réellement provoquer d'émotion, sauf dans les quelques tête-à-tête entre Libéreau et Candelier, c'est-à-dire quand le jeune homme échappe finalement à sa condition de grand enfant pour pénétrer dans le monde de cette adulte dévastée par la perte de son fils. Dommage.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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