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VIRUS TROPICAL

Un film de Santiago Caicedo

Un très joli destin de femme à l’animation élégante

1976, à Quito. Paola naît, étonnant tout le monde, puisque sa mère a subi une ligature des trompes et ne peut logiquement pas avoir d’enfant. Dans sa famille, il y aussi son père, prêtre, ses deux grandes sœurs, et la bonne. Beaucoup de figures féminines qui l’aideront à former sa personnalité, dans une jeunesse ballottée entre Équateur et Colombie...

Découvert dans la section Generation du Festival de Berlin 2018, ce film d'animation colombien, en noir et blanc, aux traits simples, relate l'enfance et l'adolescence d'une fille entourée d'un peu "trop de femmes" (dans ses jeux d’enfant elle fait ainsi figurer « un seul Ken pour 10 Barbies »). Baladant les membres d'une famille entre l’Équateur et la Colombie, le scénario, tiré de la bande dessinée de Powerpaola, aborde des questions intimes ou relationnelles plus que la situation économique ou sociale des deux pays. Séparation des parents, choix de vie des sœurs aînées, difficultés d'intégration, harcèlement moral, obsession pour l’aspect physique, autant de sujets qui permettent de comprendre la formation d'une personnalité à la fois un peu à part et forte.

Tirant ses effets de relief d'un ensemble de couches animées séparément, le film bénéficie d'un graphisme particulièrement séduisant, notamment lors de scènes nocturnes, personnages et décors disposant alors de contours blancs plus ou moins lumineux ou épais. Entre les immeubles coloriés au feutre et les montagnes crayonnées, ce film nous balade montre l’union d’une famille en apparence éclatée, entre Quito, Medellin, les Galapagos et Cali. Autoportrait d’une jeune femme à l’esprit cynique réjouissant, "Virus Tropical" (du qualificatif que le médecin donne à cet impossible bébé au début du film) évoque la jeunesse et les incertitudes avec un certain tact, aborde avec drôlerie les petits arrangements avec la morale et s’avère à la fois touchant et drôle, notamment lorsqu’il évoquer le sexe, les telenovelas ou encore les combines de jeunesse pour se faire de l’argent. A ne pas manquer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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