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LA VIDA DE LOS PECES

Un film de Matías Bize

Quand l'élan est toujours présent

Andrès, revenu de Berlin pour vendre la maison de ses parents décédés, avant de repartir, se retrouve à une soirée où il sait qu'il risque de croiser son ex, qu'il n'a jamais pu oublier...

Présenté à ma Mostra de Venise 2010 dans la section Journées des auteurs, le film chilien "La vida de los peces" de Mathias Bize, tient parfaitement debout et atteint son but: conter (ou compter) les restes d'une relation avortée. Les premières scènes semblent anodines. Dans une grande maison, un trentenaire nonchalant discute et plaisante avec trois amis du même âge. A peine évoquent-il un quatrième, vraisemblablement, que l'affection qui les lie et la gène deviennent perceptibles. Au creux du cœur d'un spectateur invité à prendre part à cette discussion, finalement intime, naît alors une indicible émotion. Et cette-ci ne le quittera plus, jusqu'à la fin de cette errance en milieu clot (une maison, dans laquelle on suit Andrès dans toutes les pièces, en de longs travellings caméra à l'épaule, qui ne s'arrêteront que lorsque des différentes rencontres du personnages avec ses connaissances passées.

Dans une pièce, une amie enceinte, évoque avec complicité Béa, une ex d'Andrès, leur séparation semblant avoir marqué tout un groupe. Celle-ci pourrait bien être aussi dans les lieux, et Andrès le sait. Voire l'espère. Et bien entendu, la rencontre à lieu, laissant logiquement la porte à des retrouvailles ou à un conflit, selon la manière dont chacun approchera l'autre. Finement écrit, le scénario nous apprend des bribes de leur histoire passée et de ce que Béa a pu devenir. Puis l'être, objet de tous les troubles, apparaît, et par la suite le film ne sera plus que regards cachés ou démonstratifs, paroles douces ou hostiles échangées à demi-mots, frôlements, lueurs d'espoir. Car c'est de cela qu'il s'agit ici: d'espoir. Celui de pouvoir réparer ses erreurs. Celui d'avoir le courage de dire les choses importantes, de s'impliquer. Et « La vida de los peces » nous fait croire que tout cela existe, qu'on peut tout changer. Jusqu'à la fin, déchirante.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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