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VERS LA LUMIÈRE

Un film de Naomi Kawase

Un Naomi Kawase en clair obscur

Misako est audio descriptrice de film. C’est elle qui écrit les commentaires qu’entendent les non-voyants quand ils vont au cinéma. Pour que ceux-ci retranscrivent au mieux l’atmosphère de l’œuvre, ils sont testés par un panel de spectateurs qui ont perdu la vue. Parmi eux, se trouve Nakamori, un photographe reconnu. Celui-ci est très critique envers le travail de la jeune femme…

Vers la lumière film image

Pour son précédent film "Les Délices de Tokyo", Naomi Kawase avait assisté aux séances d’audio description et avait été stupéfaite par la profondeur des termes recherchés. Elle avoue même que parfois, sur certaines scènes, les commentaires étaient plus puissants et plus sensibles que le plan qu’elle avait tourné. Une expérience singulière qui sert aujourd’hui de point de départ à son nouveau film. Sensoriel et intuitif, "Vers la lumière" évoque la résignation de Nakamori, un photographe qui doit abandonner son âme d’artiste suite à une maladie dégénérative qui le rend progressivement aveugle.

Pour contraster cette douloureuse introspection, Naomi Kawase met en scène un autre personnage : Misako, une jeune fille qui vit dans la mémoire de son père défunt. Quand elle était enfant celui-ci l’emmenait dans une clairière pour admirer le soleil couchant. Enfermée dans ce deuil crépusculaire, la jeune fille ne demande qu’à revoir la lumière. Elle va petit à petit la retrouver avec Nakamori. Les deux protagonistes vont ainsi pouvoir se compléter afin de retrouver l’équilibre et surtout un nouveau sens à leur vie.

Une histoire d’amour sensorielle où on retrouve les thèmes chers à la réalisatrice japonaise. Le deuil, la nature et surtout la mémoire. Une mémoire photographique où chacun retient comme il peut, son passé à présent révolu. Subtil et évanescent, le style Kawase se distille une nouvelle fois dans cette quête de soi. On peut regretter cependant que l’émotion reste quelque peu feutrée en comparaison de ces précédents films. Car même si on se laisse volontiers éblouir par ce soleil régénérant, "Vers la lumière" n’illumine pas autant l’écran qu’un "Still the water" ou un "Shara" pour ne citer qu’eux.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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