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VENT MAUVAIS

Tempêtes sous de simples crânes

Un informaticien au chomage accepte une mission d'intérim dans un supermarché de province. Il y découvre dans l'ordinateur de la société un étrange programme dénommé Betty Boop qui pourrait bien permettre des détournements d'argent...

Stéphane Allagnon nous a concocté un premier film à part. Basé sur son propre scénario, au premier abord anodin, concernant l'arrivée d'un intérimaire blasé dans une région à la météo morose, son film prend rapidement un tournant amorale des plus intéressants. En confrontant ses personnages d'oubliés du système, à des choix pouvant faire d'eux des escrocs, il crée à la fois un humour par décalage, un suspense policier, et une tension politique sous-jacente. Et les différents virages pris durant le récit vont dans le sens d'une rebellion salvatrice font apparaître son film comme une comédie sociale à la fois drôle et rythmée.

A son service, et de quelques savoureux dialogues, on retrouve une brochette d'interprètes impeccables et investis. En tête, Jonathan Zaccaï informaticien curieux et nonchalent, sensible au charme de Aure Atika, gérante malheureuse d'un hôtel rendu désert par la rugissante tempête. Cette même tempête rugit dans leurs crânes, car autour d'eux gravitent petits escrocs, patrons douteux, chômeurs aigris, pompier triste et une femme jalouse alcoolique interprété par Florence Thomassin, touchante de désarroi. Toute cette fine équipe donne du coeur à ce film à part, aussi gris qu'empli d'un espoir de justice sociale.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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