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UNE HEURE DE TRANQUILLITÉ

Un film de Patrice Leconte

Une comédie sympathique et amusante portée par un Christian Clavier des grands soirs

Michel, fin collectionneur de vinyles, vient enfin de trouver la pièce rare, celle qu’il a cherchée pendant des années. Se pressant de rentrer à la maison pour pouvoir écouter la merveille, rien ne va malheureusement se passer comme il l’avait prévu. Quiproquos, infortunes, révélations, voisins dégénérés, autant d’éléments qui viennent gâcher son moment. Arrivera-t-il à écouter son album ?...

Il fut une époque où Patrice Leconte rimait avec grosses barres de rires. Et puis, ces dernières années, ce grand artisan des comédies populaires a vu son aura diminuer, proportionnellement aux rires suscités par ses films. Après s’être essayé au drame en costumes porté par un casting international dans « Une Promesse », il nous offre en ce dernier jour de l’année, son deuxième métrage de la cuvée 2014. Malgré nos réticences et ses défauts, il se pourrait bien que ce cru soit l’un des meilleurs qu’il nous ait fourni depuis longtemps. Car dans « Une heure de tranquillité », il revient aux fondamentaux de sa comédie : des quiproquos et des situations cocasses en tous genre, un brin surréalistes et suffisamment loufoques et barrés pour emporter l’enthousiasme des spectateurs.

Dans cet opus, Michel ne rêve que d’une chose : pouvoir écouter paisiblement le dernier vinyle qu’il vient de dégoter, « Me, Myself and I » de Neil Youart, parabole du nombrilisme et de l’égoïsme dans lequel il est tombé. Car ce quinquagénaire antipathique a depuis bien longtemps cessé de porter de l’intérêt aux autres, trop occupé à suffire à son propre bonheur. Mais nécessité scénaristique oblige, il n’obtiendra jamais son « heure de tranquillité », les voisins, une famille de Philippins, son amante, sa femme, son fils, son meilleur ami et même le plombier se liguant pour lui causer tous les troubles possibles. Sans déborder d’originalité, le métrage parvient à insuffler le rythme caustique suffisant pour combler les plaisanteries redondantes et les blagues déjà entendues.

Mais surtout, si le film est une petite réussite, c’est en particulier grâce à Christian Clavier, excellant définitivement dans le rôle du patriarche ronchonnant et râleur, débordé par les événements. Et outre sa prestation, cette comédie potache bénéficie de seconds rôles suffisamment étoffés pour créer le contrepoids nécessaire à la réussite des gags, évitant le one-man show pour s’inscrire dans la plus pure tradition du vaudeville. Relativement bien écrit, « Une Heure de tranquillité » n’est pas la petite pépite de fin d’année, mais le film remplit aisément son contrat : offrir aux spectateurs plus d’une heure de divertissement.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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