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UNDER THE TREE

Un régal d’escalades

Alors qu’il tombe sur une de ses vidéos d’ébats avec une de ses anciennes conquêtes, Atli se fait surprendre par sa femme. Très vite accusé d’adultère, il se retrouve contraint à déménager chez ses parents et rencontre les plus grandes difficultés pour voir sa fille. Pour couronner le tout, son père et sa mère n’ont que leur querelle de voisinage en tête. Elle tourne autour d’un arbre planté dans leur jardin…

Si les petits films caustiques venus du Nord mettant l’accent sur le versant psychologique sont habituellement à votre goût, alors ne loupez pas « Under The Tree ». Il s’agit d’une petite pépite venue d’Islande. Le genre de film qui surprend par son ton et la manière dont il dépeint les situations (de conflits). Le réalisateur Hafsteinn Gunnar Sigurðsson nous ballade avec brio à travers plusieurs émotions successives, si bien que l’on ne sait jamais sur quel pied danser. Pour un film sur les escalades de banals conflits, c’est d’autant plus judicieux. La mise en scène de la séquence d’ouverture en est une parfaite mise en bouche.

« Under The Tree » se construit brillamment autour de deux lignes narratives explorant les excès des comportements humains lorsqu’ils sont poussés dans leur retranchement. Entre la bataille d’Atli pour voir et passer des moments avec sa fille et le problème d’ombre que l’arbre majestueux de ses parents cause, ce n’est pas forcément la querelle la plus grave qui finira la plus mal. On regarde ces escalades et ces surenchères tantôt bouche bée, le sourire aux lèvres ou complétement atterré. Hafsteinn Gunnar Sigurðsson et ses acteurs s’en donnent à cœur joie. Les répliques acerbes fusent pour notre plus grand plaisir. Navigant en toute subtilité avec la comédie noire, le thriller et le drame social, Sigurðsson rappelle la patte d’un Ruben Östlund ou d’un Ben Wheatley grâce à cette fine maîtrise du mélange des genres.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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