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UN DIVAN À TUNIS

Un film de Manele Labidi

Une comédie positive, sur une société en pleine évolution

Selma, 35 ans, psychiatre, partie du pays à l’âge de 10 ans, revient s’installer dans la banlieue de Tunis et ouvre un cabinet de consultation. Alors que son métier provoque crainte comme curiosité dans le voisinage, elle découvre qu’elle a en fait besoin d’une autorisation pour exercer…

Un divan à Tunis film image

Découvert au Festival de Venise 2019, Un divan à Tunis en est reparti avec le Prix du public de la section Journées des auteurs (Venice Days). Golshifteh Farahani y tient le rôle principal, celui d’une psychiatre revenue au pays, qui doit se faire une clientèle au sein d’une société, certes en pleine mutation (nous sommes après le Printemps arabe), mais dont la mentalité (il est dit plusieurs fois au début qu’il est dans leur culture que « les arabes » ne parlent pas…) comme le système fortement imprégné par l’autorité (policière comme administrative), entraîne autant de névroses que de suspicions.

Il n’est d’ailleurs pas anodin que ce personnage principal soit une femme revenue d’ailleurs (elle se fait traiter d’immigrante...), ce qui permet de montrer à la fois dynamisme de la gent féminine, d’installer un contraste édifiant avec certains comportements locaux (on s’en remet à Dieu pour beaucoup de choses, comme les signatures de papiers officiels…), et de montrer fossé avec la plupart des hommes. Se sentant inutile en France, cette femme éduquée et cynique, va donc se heurter aux mentalités du pays mais aussi à des tracasseries administratives ubuesques, permettant ainsi un comique de situation parfaitement à propos.

La peinture de ses patients est certainement l’un des moments les plus drôles. Proposée sous forme d’un montage rapide, elle présente notamment un parano voyant des micros partout, une mère avec un fils particulièrement pot de colle, un homme rêvant qu’il embrasse des dictateurs arabes... sans oublier ceux qui la prennent juste pour une prostituée parce qu’elle reçoit des hommes et leur demande de s’allonger sur un divan. Le film navigue ainsi, grâce à quelques personnages secondaires succulents (la coiffeuse commère un rien envahissante, la fonctionnaire en manque d’argent…), entre dénonciation de fonctionnements d’un autre temps (pots de vin, délation, surveillance…) et vision caricaturale assumée des défauts des gens. Entre pamphlet politique et film social, c’est avec une certaine tendresse, que Manele Labidi nous livre ainsi une comédie tunisienne à l’esprit réjouissant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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