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TURN ME ON

Pikk Alma !

Alma a 15 ans et ne pense qu’au sexe ! Isolée dans un petit village perdu au milieu des fjords, elle assouvit ses pulsions en appelant le téléphone rose et en fantasmant sur Arthur, le beau gosse du lycée. Lors d’une fête, alors qu’elle “touche” enfin au but, la jeune fille se retrouve piégée par son naturel si spontané. Elle devient alors la risée du village...

Les montées d’hormones chez l’adolescent ont initié moult comédies potaches. Qu’elles soient joyeusement désopilantes ou navrantes, c’est en général une affaire de “beaux gosses”. Rares sont les films mettant en scène des filles obsédées par la découverte de leur sexualité. C’est le cas ici d’Alma, qui malgré le fait qu’elle soit belle comme un cœur, a bien du mal à réaliser tous ses fantasmes. Loin d’être timide, elle assume maladroitement son obsession et ça lui joue des tours. Autour d’elle, sa mère se découvre une nouvelle passion pour le jogging, ses copains vont à la chorale et sa meilleure amie veut partir au Texas, afin de militer contre la peine de mort. Autant d’occupations pour ne pas révéler qu’eux aussi ne pensent qu’à ça !

Loin de la caricature et des grosses ficelles comiques, «Turn me on» révèle un très joli portrait de son héroïne. Très attachée à la quête initiatique de son personnage, la réalisatrice développe ses états d’âmes en respectant une certaine retenue. Un style propre au cinéma scandinave qui joue souvent des sentiments de manière flegmatique. Cependant, au contraire de nombreux réalisateurs nordiques qui entretiennent un univers caustique presque irréel, Jannicke Systad Jacobsen insuffle à son film un ton frais et léger tout en gardant une certaine dérision. Habilement, elle retranscrit par l’image les interrogations de la jeune fille. Elle met en scène ses fantasme au travers de scènes presque lyriques et accentue ses craintes par un roman photo noir et blanc à la voix-off fataliste.

«Turn me on» est donc un film de fille qui a pour interprète une jeune actrice au talent plus que prometteur. Avec un petit air de Valérie Donzelli adolescente, Helene Bergsholm traduit avec légèreté toute l’insouciance de la jeune fille qui minaude sans en avoir l’air. Rebelle juste ce qu’il faut, elle pense que sa vie est foutue quand le garçon lui annonce timidement qu’il est engagé avec une autre. Il faudra ces charmantes scènes de fugue à Oslo, chez les colocs d’une amie, pour que la jeune fille réalise qu’il y a une vie après l’adolescence. Une bien belle surprise que ce petit film sans prétention, qui séduit dès les premières minutes et nous enchante jusqu’à la scène finale, touchante et drôle.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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