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TOKYO TRIBE

CONTRE : Niveau -3 - Cacophonie infernale !

Dans un Tokyo futuriste où la ville est désormais segmentée en quatre clans en guerre, seule la loi du plus fort semble régner, et la police ne peut rien y faire. Deux anciens amis, chacun à la tête d’un de ces clans, sont en rivalité pour un mystérieux motif, et jour après jour, la situation ne cesse de s’envenimer pour mieux accélérer l’imminence du chaos. À moins que de ce chaos puisse émerger un espoir de réconciliation…

Décidément, ce Sono Sion est un sacré farceur, jamais là où on l’attend ! Après avoir enchaîné un drame intimiste post-fukushima ("The Land of hope) et un "Why don’t you play in hell ?" délicieusement foutraque et violent, le voici qui revient avec une comédie musicale hip-hop sur fond de guerres de gangs tokyoïtes. Alors si cette adaptation de manga fait saliver à première vue et bien que le long plan séquence d’ouverture laisse présager un trip savamment barré et consistant comme Sono Sion sait si bien le faire, force est de constater l’échec cuisant à l’issue de la projection…

Après une bonne demi-heure de présentation des innombrables crews peuplant ce Tokyo très juvénile et post-apocalyptique en carton-pâte, on peine déjà à identifier les Shivuya Saru des Masusashino Saru et autres noms exotiques qu’on n’arrivera, de toutes façons, pas à retenir. Mais le pire, c’est que dans ce bordel aux personnages secondaires aussi nombreux que les figurants d’un film catastrophe, la confusion s’enfonce jusque dans les enjeux difficiles à cerner. Apparemment, le contentieux se situerait au niveau de la braguette, le symbole phallique étant visiblement une véritable obsession pour la majorité de ces rappeurs aux rimes pauvres et creuses qui tournent finalement en rond. Heureusement, parfois, certains se démarquent avec des textes plutôt recherchés mais ils se comptent sur deux phalanges.

Il en résulte un ersatz des "Guerriers de la nuit" façon "West Side Story" sans autre ambition narrative que de faire du clip de rap de bas étages, exubérant et qui n’arrête jamais de jacasser pour ne déblatérer que des insanités futiles et navrantes. On a beau adorer le côté foutraque des longs-métrages de Sono Sion, cette cacophonie vaine et permanente tape sur le système pendant deux longues heures ! Si ça continue, le prolifique Sono Sion (qui n’a pas moins de 6 films programmés en 2015 !) va finir aux côté d’un Takashi Miike : avec plus de navets que de bons films dans sa filmo…

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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