Banniere-Berlinale-2019

TOC TOC

Un bon rythme pour une comédie réussie

Un chauffeur de taxi qui n'arrête pas de compter. Un vieil homme atteint du syndrome de La Tourette. Une femme religieuse qui vérifie tout de multiples fois. Une femme de laboratoire atteinte de phobie des microbes. Une jeune femme qui garde mystérieusement le silence. Un jeune homme qui ne peut pas marcher sur des lignes droites et est obsédé par la symétrie. À la suite d’une erreur informatique, tous se retrouvent, avec un rendez-vous à la même heure, dans la salle d'attente du cabinet d'un docteur réputé, soignant les TOC...

Sortie sur Netflix le 10 mai 2018

Dieu sait que les comédies espagnoles ne sont pas toujours d'une légèreté absolue. On pourra prendre pour preuve la série des "Torrente", summum de mauvais goût assumé. Et même Pedro Almodóvar n'a parfois pas évité la surenchère, qui peut faire passer le film de comédie à la caricature, notamment avec "Les Amants passagers". Avec "Toc Toc", adapté d’une pièce du Français Laurent Baffie, il faut bien avouer que les premières minutes avaient de quoi inquiéter, entre les allers et venues du personnage de Rossy De Palma à son appartement, ceux de la femme élégante aux toilettes et les gros mots du personnage d’Oscar Martinez.

Pourtant avec la progressive exagération des TOC des uns ou des autres (l'emballement des signes de croix de Rossy, les déplacements avec magazines servant de patins pour le jeune homme, les clins d'œil annonciateurs du vieil homme...), c'est dans un tourbillon de gags et d'absurdités apparentes que nous entraîne le film. Avec une secrétaire à la fois autoritaire et débordée (Inma Cuevas, vue dans "Lo contrario del amor", qui s'amuse visiblement), une belle surprise liée au personnage de la jeune femme pas si silencieuse (Ana Rujas), et les blagues de plus en plus limites du chauffeur de taxi (Paco Léon, vu dans "Tres bodas de mas" et "Carmina", excellent et presque cousin dans sa manière de jouer avec un certain François Damiens), c'est une très plaisante comédie qui s'offre à nous, doublée d’une belle adaptation à un environnement espagnol. Et si le twist final est un peu prévisible, cela n'enlève rien au plaisir qui émane de ce formidable numéro choral d'acteurs.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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