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THE HUNT

Un film de Craig Zobel

Le cochon et la culture

Lorsqu’un groupe de riches libéraux américains décident de capturer douze « déplorables », de les lâcher dans une forêt et de se mettre à les tirer comme des lapins, alors « La Chasse » commence…

The Hunt 2020 film image

Dès l’affiche, "The Hunt" marque sa filiation avec un ouvrage directement cité à deux reprises dans le film, "La ferme des animaux" de Georges Orwell. Si vous avez lu le livre, voyez le film et jugez ensuite des liens et échos qui existent entre les deux œuvres. Vous pouvez aussi complètement vous en passer et voir comment ce film de massacre joyeux tente de faire réfléchir, sans y toucher, à des problématiques sociales contemporaines qu’il n’est possible de dévoiler ici sans spoiler. Le film se permet, pour servir ce même questionnement, de revisiter la fable du lièvre et de la tortue et d’imaginer un « après la course » entre le lièvre furieux et la tortue qui célèbre tranquillement sa victoire en famille lorsque que soudain sa porte est enfoncée.

La force de "The Hunt" est de parvenir à maintenir le spectateur le plus longtemps possible à la même hauteur que les victimes de ce jeu de massacre. L’introduction, qui oscille entre différents personnages est très réussie. Le spectateur s’attache inconsciemment à chaque être à peu près normal qui lutte pour sa survie et il va de surprise en surprise jusqu’à découvrir le protagoniste du film. Et pourtant, le jeu de dupe se poursuit, car personne ne sait pourquoi ces douze individus, piochés aux quatre coins des États-Unis, ont été choisis.

Enfin, une fois qu’il est révélé, le trajet du personnage principal est très riche, et sa performance, à la fois physique et fragile, est très réussie. Ce personnage incarne une vision assez rare dans ces rôles qui sont le plus souvent confiés à des gros bras qui véhiculent une certaine jouissance de la violence et de la vue du sang. Ici, c’est une affaire de nécessité, de survie, aussi bien pour le protagoniste que pour l’antagoniste.

Enfin, si vous pouvez vous le permettre, ne regardez pas la bande-annonce, qui à l’instar de cette critique, abîme le suspens que Craig Zobel essaie de créer pendant une longue partie du film. Courez voir cette nouvelle production Blumhouse qui ne finit pas de nous surprendre et qui montre que, dans le thriller horrifico-réaliste, ils savent faire mieux qu’"American Nightmare".

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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