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THANATOS, L'ULTIME PASSAGE

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Et si ce n'était pas la fin

Les EMI ou expériences de mort imminente sont les voyages extra-corporels dont témoignent un nombre non-négligeable de gens. Ce documentaire part à la rencontre de ces derniers, et dresse, en parallèle avec la médecine, une autre définition possible de la finitude…

Thanatos, l'ultime passage film documentaire image

Dans ce documentaire digne du plus parfait reportage télévisuel, dont il reprend les codes esthétiques et narratifs, Pierre Barnérias va à la rencontre de différentes personnes ayant fait des EMI qui ont radicalement changées leur vie. Plusieurs d'entre eux appartiennent au corps médical, par exemple, l'un a été neurochirurgien et un autre est thanatologue, mot savant pour dire qu'il est celui qui prépare les corps avant leur enterrement. Parmi les autres personnes interviewées, il y a également un médecin généraliste, un psychologue et un anesthésiste-réanimateur qui croient tous dur comme fer que la mort, telle qu'elle est comprise aujourd'hui par la médecine est une aberration, et que l'idée d'une conscience radicalement liée au cerveau est une absurdité.

Si les postulats de ce documentaire sont riches et peuvent poser question, la présentation des faits est tellement biaisée et le spectateur est tellement poussé dans un raisonnement unique qu'il est difficile d'y prêter sérieusement attention. À la fois dogmatique et volontairement didactique, ce documentaire à la forme circulaire ne parvient pas à convaincre, car il vise à persuader. La recréation de certaines scènes racontées, l'insertion dans la narration de peintures représentant le « tunnel » ou « l'être de lumière », sont assez grossières. Plutôt que de prôner un doute raisonnable, plus satisfaisant pour l'entendement humain, le matraquage de l'idée est finalement contre productif.

En, là où le bât blesse, c'est dans la présence de zones d'ombres volontairement non évoquées. En effet, si tous les témoignages parlent de l'amour, pourquoi pas un seul ne prend le temps de le définir et de revenir de manière concrète sur ce dont il s'agit ? De même, l'être de lumière ressemble à s'y méprendre, et à plus d'une reprise, à un Jésus très chrétien. Dès lors, si en effet certains faits semblent inexplicables, ce n'est pas ce genre de documentaire qui viendra servir la cause d'une reconsidération du statut des EMI et d'une nouvelle conception de ce qu'est, cliniquement, psychologiquement, et pourquoi pas, éthiquement, la mort.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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