Bannière Festival film court Villeurbanne 2019

TEN

Un film de
Avec

Un film passionnant, qu'on pourrait malheureusement se contenter… d'écouter à la radio !

Le nouveau film de Kiarostami, s'il s'avère passionnant sur le fond, manque sérieusement de formes. Difficile de parler de mise en scène lorsque le nombre de plans se limite au chiffre deux et que ceux-ci se trouvent être fixes. Alternant sagement entre la conductrice et le passager d'une voiture, on notera à l'approche de la fin, l'insertion presque osée d'un plan sur l'extérieur. Symbole de l'enfermement de la femme ou habile détournement pour éviter la censure, le principe dessert en tout cas le film.

Heureusement, le discours sur la condition de la femme en Iran sous jacent aux échanges entre mère et fils se révèle captivant et instructif. La mère doit faire face au regard haineux de son enfant, ce dernier l'invectivant sur les 'fausses' raisons de son départ du foyer et se focalisant sur les mensonges ayant permis le divorce, dont les accusations à l'encontre du père concernant l'usage de drogues.

Dire que l'on apprend beaucoup sur la manière dont les femmes sont bridées par les règles sociales (quasi impossibilité de faire des études ou de ses séparer d'un homme), ou considérées par les hommes, même dès leur plus jeune âge, serait un euphémisme. 'Ten' est un véritable plaidoyer pour la libération de la femme, qui ne peut se faire qu'en douceur, et vers laquelle l'héroïne de Kiarostami a déjà commencer son voyage.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire