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SUR QUEL PIED DANSER

Sympathique comédie musicale aux (trop) imposantes références

Julie pense avoir enfin avoir trouvé le job qui pourrait lui valoir un CDI. Engagée dans une fabrique de chaussures à Romans, elle découvre avec les autres ouvrières, par la presse, que se prépare un plan de « modernisation » de l'entreprise. Le directeur de l'usine tente alors de les rassurer...

Un peu surpris quand arrive la première chanson du film, où Pauline Étienne – pleine d'espoir – virevolte tout en déclamant que « tout va bien » et que « tout est doux », le spectateur s'attend d'emblée à une comédie musicale à la Jacques Demy, certainement plus dramatique que le début ne peut le laisser envisager. Il faut dire que les deux metteurs en scène avaient déjà réalisé en 2007 le court-métrage "Le Silence des machines", sur le thème du licenciement, en s'inspirant du réalisateur des "Parapluies de Cherbourg" et de Stanley Donen (réalisateur de "Chantons sous la pluie"). Ainsi, rien d'étonnant à ce que le scénario déroule une histoire de rébellion des ouvrières, qui a forcément beaucoup de résonance en ces temps de mondialisation galopante.

Mais si les chansons permettent de faire avancer l'intrigue ou d'exprimer ce que ne diraient pas « tout haut » les ouvrières, les rapports entre patrons et employées sont par moment un peu trop schématiques. On a par exemple du mal à croire à l’animosité soudaine entre le personnage de François Morel (le directeur de l'usine) et « la nouvelle » qu'il tient à l’œil et considère comme responsable de beaucoup. De même, le piquet de grève apparaît comme une décision bien trop hâtive. Mais la fraîcheur des chansons, tout comme la qualité du casting, imposent un ton plutôt léger, malgré un sujet grave.

Cependant, au fil du visionnage de "Sur quel pied danser", comédie musicale aux élans sociaux généreux, on ne peut s'empêcher de voir les lourdes références s'aligner les unes après les autres, d'un rebondissement à la "Rosetta" pour les films « live », à la scène d'atelier rappelant forcément "Dancer in the dark" pour les films « chantés ». Restent quelques belles idées, comme le numéro de grand hypocrite du patron en forme de bal de la séduction, interprété par un Loïc Corbery (découvert dans "Pas son genre") inspiré.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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