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STRAIGHT UP

Un film de James Sweeney

Une sympathique et tendre comédie

Todd affirme que, comme il a toujours été conditionné pour être gay, il n’a jamais songé à être hétéro. Même si ses amis lui rient alors au nez, il décide donc d’essayer. Mais dans le bar où il choisit de sortir, la première femme qu’il rencontre… lui présente un ami garçon. La seconde, seule et alcoolisée, l’emmène chez elle, mais alors qu’ils passent au lit, Todd finit avec du sang sur les doigts, lui qui a horreur de tout fluide…

Straight Up film movie

Sans être la comédie du siècle, "Straight Up", comme le faisait il y a quelques années "Les Garçons et Guillaume, à table !", questionne les a priori sur les personnes efféminées et la possibilité d’un conditionnement, par la famille ou l’entourage, à être homosexuel. S’amusant à la fois des stéréotypes projetés sur les gays, mais aussi des gays qui voient du crypto-gay partout, le scénario signé James Sweeney, se dote d'une bonne dose de cynisme, se charge d’une pelletée de dialogues cinglants et s'arme de quelques répliques bien vues, pour donner de l’épaisseur à ses deux personnages principaux : Todd, jeune homme flippé, véritable moulin à paroles, qui n’a jamais baisé (car c’est « sale ») et Rory, jeune femme voulant être actrice rencontrée dans une bibliothèque de L.A., qui se pose autant de questions que lui et a tout autant de répartie.

Rapidement on se prend d’affection pour ces deux grands tourmentés qui vont apprendre à se connaître au fil des gardiennages de maisons que le solitaire Todd accepte (il aime ainsi « rencontrer du monde »... c'est à dire les propriétaires avant qu’ils s’en aillent !). Leurs échanges sont un délice de franchise, de moments d’absurdité assumée, quant aux personnages secondaires, ils génèrent sans doute les moments les plus amusants, allégeant le côté intellectuel de l’ensemble, qu’il s’agisse des parents de Todd ou des amis lors d’une soirée... Entre les détails croustillants (le lâché d'un « Alexa, joue la playlist Salope », les idées du père sur la droit à être parent...) et les passages récurrents chez la psy, on se délectera réellement de quelques passages qui nous resterons en mémoire, comme de quelques idées de mise en scène (comme l’alternance de cadrages qui isolent séparément chacun des personnages, pourtant assis l’un à côté de l’autre, alors que les dialogues marquent leur éloignement…), même si la conclusion peine quelque peu à venir et à convaincre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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