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SPARROW

Un film de
Avec

Un genre nouveau

Johnnie To est de tous les festivals. On l'a en effet vu cette année à Cannes avec le très décevant « Triangle », puis à Venise avec le barré « Mad detective » sorti en salles en mars. Le voici de retour après un passage par Berlin avec « Sparrow », ou il invente littéralement un nouveau genre: la comédie musicale non chantée! Les chorégraphies des vols ne sont certes pas nouvelles (on avait déjà vu cela dans « Les neuf reines » par exemple), mais le sens du rythme dont fait preuve la mise en scène, surréaliste, ainsi qu'un humour pince sans rire (ah les poursuites par une bande d'éclopés...) séduisent forcément.

Johnnie To range donc ici, le temps d'un film, son attirail ultra violent, faisant place nette pour une fantaisie au romantisme débordant. On notera cependant qu'il s'intéresse toujours à un groupe de personnes, comme avec ses policiers de « PTU » ou « Breaking news », dont le meneur n'aura pas forcément une destinée heureuse. Se plaçant cette fois-ci du côté des gangsters, il esquisse un portrait aussi attachant, sans pour autant abonder en dialogues. Visuellement, l'auteur compose quelques plans mémorables, que ce soit lors de poursuites dans une cage d'escalier ou dans des sorties d'indispensables parapluies.

L'acteur principal dégage un charme naturel et une classe qui contrastent à merveille avec ses acolytes un rien amochés. Et on aime à se prendre d'affection pour ce petits malfrats amoureux, dont les tactiques s'émoussent au contact de la belle. « Sparrow » est ainsi une belle histoire d'entraide, ponctuée par de vrais moments de poésie, ce qui est assez inattendu dans la filmographie du cinéaste sur-productif du jubilatoire « Exilé ». Une vraie découverte.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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